Isabelle Barth : « Un contexte anxiogène »
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Isabelle Barth : « Un contexte anxiogène »

« Les media se font l'écho depuis quelques mois d'annonces alarmantes sur l'avenir des business schools françaises, pointe Isabelle Barth, directrice de l'EM Strasbourg. Il est vrai que les données comme les analyses sont inquiétantes : baisses des subventions, baisse de la taxe d'apprentissage, hyper concurrence, coûts des accréditations, mercato des enseignants, désengagement des politiques... Le modèle traditionnel des business schools est en bout de course et les solutions proposées sont très court-termistes : montée en puissance des recrutements d'étudiants, hausse des frais de scolarité sont véritablement les seuls leviers à activer pour une efficacité rapide. Le renouvellement des pratiques ne peut se faire que sur le long terme (appui financier des alumni, création de fondation...) ou sont dépendantes d'un contexte politique en pleine mutation (les nouvelles grandes régions, les regroupements universitaires...). Dans ce contexte anxiogène, je tiens à rappeler que l'EM Strasbourg a tous les atouts pour envisager l'avenir avec sérénité. Son modèle hybride de business school dans une université lui permet d'avoir un budget ne dépendant qu'à 40 % de ses ressources propres. En tant que composante de l'Université de Strasbourg elle bénéficie de l'accompagnement de la Fondation de cette dernière, et, exception toute alsacienne, elle est également soutenue par les instances économiques et politiques de la région (Eurométropole, région et CCI). Elle offre ainsi un modèle de stabilité budgétaire inédit dans le milieu des écoles de management qui lui donne toute confiance dans sa capacité de mise en oeuvre de ses projets stratégiques au service de ses étudiants. Son implantation alsacienne l'a mise à l'abri des baisses de la collecte de taxe d'apprentissage (+4 % cette année), son corps professoral universitaire régule l'inflation salariale (y compris de son dirigeant), son ancrage territorial favorise la dynamique de l'alternance, sa position de challenger l'autorise à mener des innovations pédagogiques sans recherche absolue de rentabilité ».

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