Sur un marché du nautisme en pleine tempête en France et en Europe, T-Top commence à récolter les fruits d'une prospection à l'international. Lorsque Jean-François Coulon (ex-dirigeant de Vent des Modes) reprend la société en 2006, celle-ci réalise 300.000 euros de CA. Son produit ? Des protections de type capote installés sur les bateaux à voile et à moteur. Aujourd'hui T-Top (1,7 M€ de CA, 20 salariés) réalise un tiers de son chiffre d'affaires à l'international, dans plus de trente pays. Et s'ouvre même au grand export, vers le Brésil, le Chili, l'Asie, etc. Pour s'imposer, Jean-François Coulon s'appuie sur son associé, Domenico Furci. Ce commercial spécialiste du secteur, étoffe rapidement un portefeuille de grands comptes. Pour l'épauler, il va s'entourer de Virginie, 22 ans, fraîchement diplômée d'une école de commerce recrutée en volontariat international en entreprise (VIE). Créé en 2000, ce statut permet aux entreprises de confier à un jeune de 28 ans au plus, une mission de 6 à 24 mois, à l'étranger, avec le soutien financier de la Région.
Jeunes « hautement qualifiés »
« L'avantage réside dans le fait d'avoir un jeune hautement qualifié. Trilingue, Virginie disposait d'un bac +5 et d'une vraie motivation », explique Jean-François Coulon. Son rôle ? Développer la clientèle de revendeurs de bateaux sur le bassin méditerranéen. Voire même au-delà. Sans lui imposer d'objectifs. « On ne l'a pas lancée en lui disant : il faut faire tant de chiffre... Le dispositif a accompagné nos premiers pas et nous a permis de structurer l'export », détaille Clarisse Giraudet, responsable production chez T-Top. Elle a d'abord commencé par l'administration de ventes, puis accompagné les clients, assisté à des salons, etc. ».
Suivi de clients, création de site web et appli Ipad
... Sa VIE participe aussi à la création de sites internet en français, anglais et italien pour la PME, la lance sur les réseaux sociaux et travaille sur une application Ipad via lesquels les revendeurs peuvent accéder aux produits.
Quasiment gratuit la première année
Question coût pour l'entreprise, le dispositif a représenté une dépense 25.000 euros au titre des indemnités du VIE plus 10.000 euros de frais (aide au logement, déplacements, etc.).
Gros coup de pouce, T-Top a reçu une aide de la Région à hauteur de 100 % de la rémunération de Viriginie, au titre du soutien aux VIE à vocation commerciale. « Vous partez quasiment sans engagement, dans une position plus que favorable. D'autant que des assurances souscrites auprès de la Coface permettent de limiter encore les risques », commente Jean-François Coulon. Chaque année, « 20 à 25 stagiaires VIE en moyenne travaillent pour des entreprises vendéennes, avec une petite baisse cette année », indique Fernando Delgado, conseiller international à la CCI de la Vendée. Des poids lourds et PME y ont eu recours comme Fleury Michon, Gautier, les camping-cars Fleurette ou le chocolatier Saveurs et Nature. Si l'approche semble simple, une préparation s'impose en amont. « On insiste surtout sur le coaching. Il faut donner au jeune une feuille de route pour le cadrer. Par exemple : l'objectif de baliser la moitié du pays en six mois ou d'atteindre un certain nombre de cibles (30, 40, 100...) insiste Fernando Delgado. Plus largement, l'entreprise doit avoir mûri son projet avant de tester son premier VIE. « Attention
, un VIE peut avoir beaucoup de succès. Or si l'entreprise n'est pas à même de répondre au besoin qu'elle a suscité, elle risque de créer de nouveau concurrents sur place » Fort de son expérience, T-Top s'apprête à lancer un second VIE, cette fois-ci au grand export.
Son seul regret : ne pas avoir pu garder Virginie, partie par la suite vers d'autres horizons.
INTERNATIONAL Pour prospecter de nouveaux marchés, des PME comme T-Top ont recours au volontariat international en entreprises (VIE).