Créée en 2015 par Pascal Aurouet, Frédéric Herlin et Fabrice Mazelle, Innoprotea vient de lancer sa première levée de fonds sur la plate-forme nantaise de financement participatif MyNewStartup. Objectif : lever 350 000 euros pour finaliser le produit, une farine bio hyperprotéinée à base de vers de farine. « La levée de fonds est destinée à financer une phase de R&D qui va s'étendre jusqu'à mi-2018. Elle doit nous permettre d'optimiser les process d'élevage, de lancer nos tests de création de farine en accord avec les cahiers des charges de nos futurs clients et de signer des partenariats de commercialisation à l'export », annonce Fabrice Mazelle, cofondateur d'Innoprotea. Positionnée sur le marché de la filière insectes pour l'alimentation humaine, la société cible les segments de la nutrition sportive et santé via une commercialisation en B to B auprès des industriels de l'agroalimentaire avec lesquels des partenariats sont en cours de finalisation. Pour produire sa farine, Innoprotea dispose d'une unité d'élevage en R&D de 90 m², basée à Nantes dans les locaux d'APPI, l'entreprise de Damien Morel, entomologiste associé au projet.
Développement à l'export
Problème, la réglementation française interdit depuis début 2016 la commercialisation d'insectes comestibles et de leurs dérivés. Innoprotea cherche donc à se développer à l'international dans des pays où la législation est moins contraignante qu'en France : Belgique, Royaume-Uni et Espagne d'abord, États-Unis et Asie ensuite. Dans le même temps, l'entreprise a déposé deux dossiers « Novel Food » de demande de mise sur le marché auprès des instances sanitaires françaises et européennes. « L'un porte sur le ver de farine entier dans le cadre d'un consortium réunissant plusieurs acteurs régionaux de la filière insecte (Insectéine, Green Soldier...), l'autre sur la farine protéinée et certains coproduits, comme les acides gras que l'on peut également transformer et intégrer dans l'alimentation », indique Fabrice Mazelle qui espère recevoir une autorisation d'ici 24 à 36 mois.
Vers une seconde levée de fonds en 2018
D'ici là, Innoprotea envisage une autre levée de fonds au second semestre 2018 pour financer cette fois la phase d'industrialisation. L'installation d'une usine prototype devrait permettre de produire 120 tonnes de farine par an et de générer deux à trois millions d'euros de chiffre d'affaires à l'horizon 2019-2020. Une dizaine de recrutements est également prévue à ce terme.