Dans le fracas des travaux, les édifices émergent. Sur Ile de Nantes se bâtit le «quartier de la création», qui sera achevé en 2014. Lancé officiellement en mai par Nantes Métropole, la CCI, la Région et l'État, le futur quartier doit réunir sur un même site (9ha pour un investissement total de 180M€) divers acteurs de l'industrie créative et culturelle. Il s'agit d'établissements de formation, de recherche et des entreprises axées sur le design, la communication, les arts graphiques, le multimédia ou encore l'édition, comme nous l'annoncions dans notre numéro de septembre2008.
Édifices avant-gardistes
Outre le campus (lire ci-contre) et les bâtiments dédiés aux secteurs médiatique et culturel - l'immeuble Euréka construit par le groupe Giboire pour fin 2010 logera divers médias tandis que la Fabrique, équipement érigé d'ici à deux ans près des Nefs, sera dédié aux musiques actuelles -, les activités économiques s'implantent peu à peu. Des entreprises du secteur créatif y ont déjà élu domicile. L'ancien site industriel Alstom et ses halles monumentales hébergent une quarantaine de de sociétés, réunissant 200 salariés. D'autres acteurs économiques s'apprêtent à rejoindre l'île à l'instar de l'entreprise d'agencement Coupechoux, qui installera son siège fin 2009 dans l'immeuble Manny, un édifice avant-gardiste de 4.200m². En faisant cohabiter entrepreneurs, chercheurs et étudiants, la communauté urbaine ne vise pourtant pas l'éclosion de projets isolés. Elle souhaite à moyen terme réunir les conditions nécessaires à l'émergence d'une pépinière d'entreprises. Avec le voeu d'accompagner, chaque année, une vingtaine de projets de R & D ou de créations d'activité. Dans ce but, les rencontres se sont multipliées. «Après deux ans ponctués de réunions préparatoires avec une quinzaine d'entreprises créatives du site ou suivies par Atlanpole, nous entamons une phase de programmation de huit mois, commente Denis Caille, directeur du développement économique à Nantes Métropole. Il s'agit de mener de front le volet immobilier et le volet ingénierie pour la mise en place d'un cluster». Cela suppose la structuration de réseaux d'entreprises et l'identification de projets communs avec des chercheurs ou artistes. «Permettant notamment aux entreprises de connaître leurs voisines en termes d'activité, la constitution de ce réseau s'inscrira dans une logique de pôle de compétitivité», continue Denis Caille. Objectifs: renforcer le potentiel d'innovation et l'attractivité du territoire dans un secteur loin d'être anecdotique. Comptant près d'un millier d'établissements pour 7.800 emplois directs en 2007 sur Nantes et son agglomération, l'industrie créative et culturelle représente 2,1% de l'économie européenne. Mais ce cluster ne devrait pas voir le jour dès demain, tant reste importante la réflexion sur l'utilisation des différents lieux, création d'espaces de travail... «Il faut d'abord stabiliser le milieu sur lequel on va avancer», concède Denis Caille.
Le quartier de la création prend forme autour de l'ancien site Alstom de l'Ile de Nantes. Entrepreneurs, étudiants et chercheurs s'y regroupent. Et l'idée d'y fonder un cluster d'entreprises créatives suit son chemin.