« Le développement durable, ce n'est pas que sur le papier, c'est du concret. Ikea a les moyens d'investir », assure Jean-Christophe Menuel, directeur du site logistique d'Ikea à Saint-Quentin-Fallavier (38). Au niveau international, cette politique suit trois axes : en magasin, le géant de l'ameublement veut « influencer le marché » en proposant des produits tels que des ampoules Led, ou de l'électroménager basse consommation ; sur un plan humanitaire, la société s'engage auprès d'associations telles que les Restos du coeur. Au sein de l'entreprise, Ikea s'est fixé comme objectif d'atteindre l'indépendance énergétique en 2020, que chacun de ses sites dans le monde entier produise au moins autant d'énergie qu'il en consomme. C'est un investissement global de 1,5 Md€ qui est consenti sur trois ans pour une ferme éolienne et 550.000 panneaux photovoltaïques. « L'éolien n'est pas possible sur notre site, proche de l'aéroport de Lyon Saint-Exupéry, explique Jean-Christophe Menuel. Mais nous produisons 125 % de notre consommation d'énergie grâce à notre toiture recouverte de panneaux photovoltaïque. » Ce sont 15.000 panneaux qui ont été installés sur 65.000 m² de toiture ; ils ont été mis sous tension en décembre dernier. Le chantier, qui a duré un an, a nécessité la réfection de la toiture, pour un coût de 11 M€, et représente 6 M€ d'investissement.
Nouveaux usages
Avant même la mise en place du photovoltaïque, l'entrepôt logistique de 100.000 m² a investi 1,8 M€ en 2010 pour se doter d'une chaudière biomasse, avec un retour sur investissement prévu sur huit années. Dans l'optique de pousser encore plus loin cette stratégie de développement durable, l'entrepôt s'est équipé de deux chariots élévateurs à moteur hydrogène. « C'est un système répandu aux États-Unis, mais nous sommes pionniers en France. Ce projet nous a donc demandé du temps, plusieurs années... Nous avons dû défricher le terrain, demander des autorisations d'exploitation spécifique, en travaillant avec Air liquide et l'Apave. Ce gaz n'est pas nouveau dans l'industrie, mais l'usage que nous en faisons est nouveau. » Ikea a d'abord investi dans deux prototypes mais souhaite s'équiper à moyen terme de vingt chariots hydrogènes et de cent à terme. « Ces chariots coûtent 30 % plus cher à l'achat : il faut compter 40.000 € par machine, avec un retour sur investissement de six ans. Mais le coût est amorti par la rapidité du temps de charge en trois minutes contre vingt minutes pour un équipement traditionnel, et donc un gain de productivité ; d'autant plus que ces chariots ont une plus grande autonomie, jusqu'à sept heures. Nous allons vérifier les gains réels avec dix chariots dans les mois qui viennent et combiner le renouvellement de notre flotte avec l'adoption de cette nouvelle technologie. Maintenant que la station hydrogène est installée dans nos locaux, nous pourrions facilement approvisionner cent chariots. » Air liquide prend en charge la station hydrogène, Ikea ne payant que sa consommation. Le directeur du site estime qu'adopter cette nouvelle technologie « n'est pas un pari très important, notamment par rapport au lithium-ion. Nous sommes motivés pour le changement, nous sommes dans une démarche globale de réduction des coûts énergétiques, avec l'incitation de notre maison mère. Alors, même si c'est long, être pionnier crée une dynamique sur le site et c'est passionnant ! »
Distribution Ikea France
(Saint-Quentin-Fallavier) Directeur de site : Jean-Christophe Menuel 320 personnes www.ikea.fr