Hôtellerie : La découverte de nouvelles étoiles
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Hôtellerie : La découverte de nouvelles étoiles

NORME Afin de répondre à la nouvelle classification européenne, cinq hôtels morbihannais supplémentaires s'apprêtent à afficher quatre étoiles. Le parc hôtelier devient ainsi plus qualitatif, même si le haut de gamme reste une niche.

Trois, quatre ou cinq étoiles? La question de faire évoluer son établissement à la classification supérieure rend les hôteliers morbihannais un peu chèvre. Et pourtant, derrière cette normalisation européenne, qui nécessite un investissement pour chaque établissement, se cache une volonté départementale de tirer la qualité hôtelière vers le haut. Et de proposer aux touristes, qu'ils soient des visiteurs d'affaires ou de loisirs, un parc hôtelier digne de ce nom. Bien que le très haut de gamme demeure un marché de niche.




Un barème un peu flou

Les hôtels morbihannais sont peu nombreux à avancer vers la gamme supérieure. Cinq établissements trois étoiles devraient passer à quatre étoiles. Et un seul quatre étoiles se hissera à cinq. «Vaut mieux un trois étoile

s sympa qu'un quatre étoiles minable», claironne Quyen Lignières, directrice du Gavrinis de Baden. L'hôtel de charme trois étoiles, comptant 18 chambres, conservera sa classification. Car pour cette dirigeante, comme pour beaucoup, le mot d'ordre est: «ne pas se couper de sa clientèle». «Avec cette crise économique, le changement de classification devient problématique», soutient Jean-François Sérazin, président de l'Umih. Comme lui, Bertrand Hesnard, directeur du All Seasons de Caudan (bientôt Ibis Styles) craint une incompréhension, une confusion temporaire dans la tête des clients. «Les étoiles correspondent à une logique de prix», explique-t-il. «Les entreprises qui d'habitude font le choix du trois étoiles pour leurs collaborateurs accepteront-elles de réserver du quatre étoiles? Je n'en suis pas sûr.» Et pourtant, d'après lui «la quatrième étoile de demain n'est ni plus ni moins que la troisième étoile d'aujourd'hui». Car pour Bertrand Hesnard, dont l'hôtel a subi un lifting à 1,5million d'euros en 2010, les catégories quatre et cinq étoiles relèvent d'un marché de niche. Dont le potentiel est plus évident sur le littoral qu'en agglomération.




Cinq étoiles? Non merci!

Ainsi le Sofitel Thalassa de Quiberon serait le seul hôtel cinq étoiles du Morbihan. Le groupe Accor vient d'investir 25millions d'euros dans sa rénovation totale. La Villa Kerasy, à Vannes, n'a pas encore fait son choix. Et les huit autres hôtels quatre étoiles morbihannais ont tous décidé de conserver leur classification. La raison? Ils n'osent pas se mesurer aux palaces et aux grands hôtels. «Il n'y a pas de marchépour du cinq étoiles ici», estime Kathleen Barbier, directrice du Domaine de Kerbastic à Guidel. «Cela nous imposerait des investissements en terme d'équipements, comme la climatisation dans tout l'hôtel, ainsi que des services supplémentaires - réception 24heures sur 24, groom services, voiturier - avec une répercussion sur la masse salariale qui ne se justifierait pas.» Même son de cloche au Domaine de Rochevilaine à Billiers qui a reçu la classification quatre étoiles le mois dernier. Idem au Castel-Clara de Belle-Ile. «J'aurais peur de me priver d'une certaine clientèle», complète Guillaume Goumy, le directeur.




Cinq hôtels tirent vers le haut

Car même si les tarifs restent inchangés, l'image de ces hôtels haut de gamme renvoie à l'idée de prix élevés. Ce qui n'est pas pour déplaire à Jean-Michel Burow, du Best Western de Vannes Centre. «Le passage à quatre étoiles d'ici à la fin de l'année peut nous apporter une nouvelle clientèle», assure-t-il. Ici, pas besoin de travaux, les 58 chambres répondent déjà aux nouvelles normes européennes. Contrairement à l'hôtel Mercure de Vannes qui engage 700.000euros dans la rénovation de 46 chambres afin d'obtenir la quatrième étoile d'ici à fin juin2012. Pour Mario di Rosa, le propriétaire, ce passage à quatre étoiles est une nécessité: «Nous devons être prêts face à la concurrence» (lire plus bas). Le Mercure de Lorient, Les Rives du Ter à Larmor-Plage et La Marébaudière de Vannes espèrent également obtenir quatre étoiles d'ici à juin2012. Si la norme européenne tire vers le haut la qualité du parc hôtelier morbihannais, elle permet surtout de lisser l'offre d'une catégorie d'établissements. «La norme a été vendue par des chaînes pour des chaînes», juge Jean-Jacques Violo, gérant de la Villa Kerasy à Vannes. Pour lui, le véritable sésame, c'est la marque hôtel de charme. Peu importe le nombre d'étoiles...

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