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HGCT lève 10 millions d’euros pour son ciment bas carbone
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HGCT lève 10 millions d’euros pour son ciment bas carbone

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Hoffmann Green Cement Technologies (ex-Argiwest) va inaugurer en novembre une usine-pilote à Bournezeau, en Vendée. Forte d'une levée de fonds de 10 millions d'euros, l'entreprise espère s’imposer sur le marché de la construction avec ses ciments alternatifs moins polluants.

Julien Blanchard, président d'HGCT, espère produire entre 300 000 et 500 000 tonnes de ciment bas carbone par an dans son usine de Bournezeau, en Vendée — Photo : Jéromine Doux

« Si l’industrie ne prend pas d’initiatives et ne lance pas de produits propres, il ne se passera rien. » Convaincu qu’il faut agir, Julien Blanchard, 36 ans, fait partie de ces entrepreneurs qui cherchent des alternatives industrielles respectueuses de l’environnement. À Bournezeau (Vendée), sa jeune société Hoffmann Green Cement Technologies (HGCT), d'abord lancée en 2016 sous le nom d'Argiwest, pourra bientôt profiter d'une usine-pilote de 4 000 m², qui devrait être inaugurée en novembre. De quoi lui permettre de démarrer enfin la production de ses ciments alternatifs dits "bas carbone" destinés à la construction et l'aménagement du territoire, qu'il assure moins polluants, moins énergivores et plus performants que les ciments classiques.

Des produits issus de trois technologies brevetées mises au point pendant trois ans par son associé David Hoffmann, ingénieur chimiste. « Un ciment traditionnel génère 900 kg de CO² par tonne produite, éclaire le chef d’entreprise. Nos produits en rejettent quatre fois moins », décrit Julien Blanchard, qui explique utiliser notamment des matières premières issues des déchets de l'industrie sidérurgique.

Une levée de fonds de 10 millions d'euros

Une innovation de rupture qui a permis à HGCT d’achever pendant l'été une levée de fonds de 10 millions d’euros. La plus grosse de l'année en Vendée. « Les machines industrielles coûtent très cher, nous avions besoin de cet argent pour lancer la production », précise le dirigeant, qui préfère taire les noms de ces financeurs, tous privés.

Usine HGCT à Bournezeau, en Vendée — Photo : Adrien Borga

HGCT, créée en 2017, est totalement distincte des deux autres entreprises fondées par Julien Blanchard. Entrepreneur dès l’âge de 25 ans, il a d’abord repris l’entreprise Gillaizeau, en 2006, spécialisée dans la terre cuite, puis a créé Argilus, en 2010, fabricant d’enduits naturels à base d’argile. Il y a deux ans, le dirigeant d'HGCT, qui emploie dix personnes, envisageait d’exporter son ciment bas carbone. Aujourd’hui, l’internationalisation n’est plus d’actualité et Julien Blanchard veut se concentrer sur le Grand Ouest. « Pour le moment, nos ciments seront commercialisés entre Quimper, Paris et Bordeaux », confie-t-il. Eiffage construction, LG Béton, Edycem ou Terreal font partie de la liste des groupes avec lesquels il a conclu des partenariats ou passés des accords commerciaux.

Multiplier la production par dix en trois ans

Avec son produit bas carbone, Julien Blanchard espère se faire rapidement une place sur le marché des cimentiers et prendre une part du gâteau des quelque 20 millions de tonnes de ciment consommés par an en France. « Aujourd’hui, nous avons une capacité de production de 50 000 tonnes par an », détaille-t-il. Mais l’entrepreneur ne compte pas s’arrêter là. Labellisée Horizon 2020 pour la Recherche et l’Innovation en Europe et soutenue par l'État français via son Programme d’Investissements d’Avenir, HGCT espère agrandir son usine d’ici trois ans. L’objectif : produire entre 300 000 et 500 000 tonnes de ciment chaque année.

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