Heppner : L'international atténue les effets de la crise
# Transport-logistique

Heppner : L'international atténue les effets de la crise

La forte présence du Groupe Heppner à l'international et l'ouverture régulière de nouvelles lignes en direction de l'étranger ont permis à cette société familiale de transport et de logistique de passer le cap de 2009 en préservant l'essentiel: la trésorerie et les emplois. Philippe Armengaud

L'indépendance revendiquée par le Groupe Heppner est à double tranchant. Si elle lui permet de s'affranchir des variations des cours de bourses et des sautes d'humeurs d'actionnaires court-termistes, elle oblige cette entreprise familiale d'origine strasbourgeoise à grandir en permanence. Dans un secteur -le transport et la logistique- dominé par des géants européens, voire mondiaux, pesant plusieurs milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel, c'est même vital. «Sinon, on meurt», admet Christophe Schmitt, directeur de la région Est de l'entreprise et représentant de la quatrième génération aux commandes. Croissance interne et externe, en France comme à l'étranger: le menu du Groupe Heppner a été dense ces dernières années avec, pour plat de résistance, le rachat de XP France en 2004.




Doubler de taille

L'intégration de cette société fortement implantée en région parisienne, dans l'Ouest, le Nord et en Rhône-Alpes, a tout simplement permis aux transports Heppner de doubler de taille. «Cela nous a aussi permis de tendre vers un maillage complet en France», ajoute le responsable. Et qui est fort sur ses bases peut partir à la conquête de l'étranger. «Dans chaque agence ex-XP France comme dans l'ensemble du groupe, nous avons progressivement ouvert des services internationaux», ajoute-t-il, «et cela a clairement permis d'accélérer notre croissance». Aujourd'hui, c'est même un plus: l'activité vers l'Allemagne et l'Europe de l'Est, vers l'Italie et l'Espagne, mais aussi les nouvelles lignes vers la Grèce ou encore la Turquie ont permis d'atténuer les effets de la crise qui a affecté l'activité des lignes intérieures en France en 2009. Et cela aurait pu être pire: la libéralisation du marché du cabotage (lignes intérieures) intervenue en mai a été contrebalancée par la conjoncture qui a contraint les opérateurs des pays de l'Est ou de l'Europe du Sud, longtemps considérés comme menaçants, à se concentrer sur leurs difficultés internes.




Vers une offre globale

Si l'international a donc été la planche de salut du Groupe Heppner, l'activité ?overseas? (transport aérien et maritime) n'a toutefois pas été la plus porteuse en 2009, signe de tensions sur le marché du grand export. Elle reste néanmoins l'un des piliers d'une société qui fait de la notion d'offre complète une question de principe. En même temps que le groupe voyait son identité visuelle redéfinie au début 2009, «nous nous sommes réorganisés autour d'une offre globale clairement établie», souligne Christophe Schmitt. Avec d'un côté l'offre terrestre, celle des ?lignards? qui font de la messagerie nationale ou internationale, du cross-docking ou du dédouanement; de l'autre l'offre ?overseas? et enfin l'offre logistique.




Stocks en recul, moins de logistique

«Nous avons souhaité, pour cette dernière, nous positionner sur une offre à forte valeur ajoutée. En plus de la gestion classique de stocks, nous sommes ainsi capables d'examiner et de réparer des pièces défectueuses pour le compte de nos clients», poursuit le responsable. Mais là aussi, la conjoncture a eu des effets: la réduction des stocks de ses clients a impacté le groupe Heppner, qui a eu moins de volumes à traiter. Au final, l'exercice 2009 devrait être marqué par un recul de 15% environ de l'activité. Un moindre mal dans un secteur globalement sinistré. «2009 n'a effectivement pas été une belle année, avec une légère perte, mais nous avons su préserver nos équipes opérationnelles et notre trésoreriereste excellente», confie Christophe Schmitt. De quoi envisager sereinement un exercice 2010 qui ne s'annonce pas beaucoup plus radieux que 2009.

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