Haut-Rhin : Le bâtiment inquiet pour 2012
# Industrie # Conjoncture

Haut-Rhin : Le bâtiment inquiet pour 2012

Crise Les professionnels du BTP dans le département ont du mal à se montrer optimistes pour l'année qui débute. De nombreuses entreprises connaissent des difficultés de trésorerie et le secteur est touché par les mesures du plan d'austérité de novembre 2011.

Si l'année 2011 en Alsace a marqué une légère reprise de l'activité de la construction en volume, les entreprises du BTP restent fragiles. La baisse des prix observée depuis 2009 est devenue la grande problématique du bâtiment.«2011 a été l'année des difficultés de trésorerie pour les entreprises», souligne Pierre Fuetterer, secrétaire général de la Fédération du BTP du Haut-Rhin. D'autant que les prix ont encore chuté en fin d'année et que le coût des matériaux a continué d'augmenter. «Dès octobre2011, nous avons senti les prémisses d'une baisse des prix. Puis en novembre, cela s'est accéléré. Il y a eu un regain de concurrence», témoigne Franco Gugliucciello, patron d'une entreprise de gros oeuvre et d'une société de travaux de plâtrerie à Sundhoffen. Le dirigeant a observé une baisse de prix entre 15 à 25% et réalise des chantiers à perte. «On préfère perdre de l'argent que de supprimer des emplois», poursuit-il.




Les réserves financières ont disparu

Par conséquent, les problèmes de trésorerie progressent. «Depuis plus de deux ans, chez les maçons les marges ont fondu et les réserves financières ont disparu. Concernant l'activité de plâtrerie, notre trésorerie se maintient, mais comme les prix baissent aussi, nous allons devoir rogner sur nos réserves», déplore le dirigeant. Et le soutien des banques devient de plus en plus difficile à obtenir. «Les banques accordent des prêts pour les investissements en demandant davantage de garanties, mais elles ne soutiennent plus les besoins en fonds de roulement des entreprises», constate Pierre Fuetterer. Malgré ce tableau noir, l'an dernier, dans le Haut-Rhin, 151 entreprises de BTP ont été mises en redressement ou en liquidation judiciaire, contre 184 en 2010*. Elles ont bien résisté en 2011, mais si les difficultés de trésorerie continuent, la tendance devrait s'inverser cette année.




La fin du dispositif Scellier inquiète l'activité neuve

Car 2012 ne s'annonce pas comme une année des plus réjouissantes pour la profession. Les entreprises ont, au maximum, une visibilité de trois mois. Alors qu'en moyenne, en 2006, les carnets de commandes étaient de 6 mois selon la FBTP du Haut-Rhin. Et les années électorales créent davantage d'incertitudes pour le secteur. Mais c'est le plan d'austérité annoncé par le gouvernement en novembre dernier qui inquiète le plus les métiers du bâtiment. À partir du 1erjanvier 2012, le taux de la réduction d'impôt Scellier ne sera plus applicable qu'aux seuls logements BBC et ce taux ne sera plus que de 13% au lieu de 22%. Ce dispositif sera supprimé au 1erjanvier 2013. Mis en place en 2009 pour relancer la construction de logements neufs, ce dispositif a permis de créer une véritable dynamique d'activité. Selon la cellule économique du BTP d'Alsace, depuis 2009 plus de 3.000 logements ont été construits dans la région en faisant bénéficier leur propriétaire de cette réduction d'impôt. «C'est dommage car cela va porter un coup d'arrêt brutal pour l'activité neuve. On ressentira les effets de la suppression du Scellier à partir du deuxième semestre», prévient Franco Gugliucciello.




Deux espoirs

Le crédit d'impôt développement durable subit également un rabot de 20%, rendant moins incitatifs les travaux d'économies d'énergies pour les propriétaires. Le prêt à taux zéro est aussi doublement recentré. D'une part, il n'est plus accessible aux hauts revenus. D'autre part, il ne peut plus être utilisé pour l'achat d'un logement ancien. Le passage du taux de TVA réduit de 5,5 à 7% sur l'entretien-rénovation inquiète moins les entreprises du BTP. «Mais c'est toujours 1,5% en plus. Et cela marque encore davantage la différence avec les auto-entrepreneurs qui, eux, ne sont pas impactés», fait remarquer Pierre Fuetterer. Malgré tout, deux espoirs subsistent selon le secrétaire général de la FBTP du Haut-Rhin: le marché des économies d'énergies et celui de l'accessibilité. D'ici au 1erjanvier 2015, tous les bâtiments recevant du public devront se mettre en conformité avec les normes d'accessibilité concernant les personnes handicapées et les personnes à mobilité réduite. *Source: Caisse Congés Intempéries BTP du Haut-Rhin

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