Si l'effondrement ces derniers mois du carnet de commandes de GTIM Atlantic, spécialiste de la fabrication d'appareils chaudronnés sous-pression (réservoirs, échangeurs multitubulaires,etc.), a précipité sa liquidation, d'autres facteurs expliquent la disparition du sous-traitant métallurgique. «Nous avons repris GTIM en 2004 alors que la société était en redressement judiciaire, mais nous avions des divergences stratégiques avec l'autre co-actionnaire de GTIM jusqu'à ce que nous lui rachetions ses parts à l'été 2007. Cette situation de blocage a débouché sur trois exercices de pertes», explique Guillaume Rabourdin, dg du groupe rezéen Métalia, propriétaire de GTIM Atlantic.
Chute brutale du carnet de commandes
À partir de 2007, l'entreprise semble enfin sur de bons rails avec notamment une diversification réussie sur le marché de la pétrochimie. Mais l'embellie aura été de courte durée. En 2008, des arrêts longues maladie d'ouvriers qualifiés plombent la production avant que l'effet crise n'entraîne GTIM Atlantic et ses 55 salariés vers la liquidation. «Notre carnet de commandes s'est brutalement effondré à partir du second semestre 2008. À cela s'ajoutent deux gros clients qui ont déposé le bilan et qui nous ont laissé une ardoise de 260.000 €. C'est comme cela que nous sommes malheureusement arrivés à situation de cessation de paiement», poursuit Guillaume Rabourdin. La chute de GTIM Atlantic, qui affichait 350.000 € de pertes en 2008 pour 5,8M€ de CA, a enfin été accélérée par la découverte l'année dernière de poussières d'amiante dans ses ateliers. Des résidus "hérités" de la période 1974-1996, lorsque l'entreprise SCO - devenue depuis GTIM Atlantic - traitait l'amiante et n'avaient pas pu être détectées au moment de la reprise en 2004. Chiffré à 2M€, le coût des travaux de remise aux normes est apparu rédhibitoire en cette période de crise pour le sous-traitant métallurgique.
Aucun repreneur intéressé
À la question de savoir si le groupe industriel Métalia, qui possède sept autres entreprises de métallurgie, pouvait encore absorber les pertes de GTIM, Guilaume Rabourdin est catégorique. «Depuis 2004, GTIM a perdu 700.000 € et a aspiré beaucoup de trésorerie pour Métalia. Dans le contexte actuel, nous n'avons plus les moyens d'y réinjecter de l'argent. Il s'agit d'un acte de gestion difficile mais on ne peut pas risquer la vie des sept autres entités du groupe, qui emploient 350 personnes, pour sauver GTIM. Aujourd'hui, on doit faire le dos rond pour passer cette crise et surtout garder nos compétences lorsque le marché redémarrera en 2010, comme on l'espère». À l'heure où nous écrivons ces lignes, aucun repreneur ne s'était manifesté auprès du tribunal de commerce pour reprendre tout ou partie de l'activité de GTIM Atlantic.
Le tribunal de commerce de Nantes a prononcé le mois dernier la liquidation judiciaire de GTIM, sous-traitant de la métallurgie basé à La Chevrolière.