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Green IT : Les entreprises doivent s'y mettre
Angers # Numérique

Green IT : Les entreprises doivent s'y mettre

Numérique Réduire l'empreinte écologique, économique et sociale des technologies de l'information et de la communication devient un enjeu. Reste à éduquer les étudiants et les entreprises aux actions concrètes possibles.

À l'échelle d'une entreprise, les économies réalisées grâce au passage à une informatique éco-responsable se mesurent sur différents postes de dépenses. L'énergie est bien sûr le poste le plus évident avec des économies réalisables sur les serveurs, les téléphones, les réseaux ou encore les logiciels qui peuvent être éco-conçus... Selon une étude réalisée auprès de cinquante organismes dans le Grand Ouest par le bureau d'études nantais Kaliterre, l'informatique consomme entre 15 et 50 % de la facture énergétique totale d'une entreprise. Mais le Green IT permet aussi de réaliser des économies sur les ressources en réduisant de façon significative la facture liée à l'impression papier ou en prolongeant la durée de vie du matériel informatique. La même étude montre que pour 1.000 employés, une entreprise gagne 100.000 euros par an lorsqu'elle allonge la durée de vie de ses postes de travail de 3 à 5 ans. « C'est souvent d'abord l'aspect économique qui va motiver les entreprises à se lancer dans cette voie, en plus des convictions écologiques, souligne Thierry Leboucq, fondateur de Kaliterre. Il faut savoir que si l'on continue sur la même lancée, la consommation énergétique liée à Internet atteindra en 2030 l'équivalent de ce que la population de la planète consommait en 2008. Comment pourrait-on supporter un tel coût ? »




Certaines entreprises agissent déjà concrètement

Les leviers pour s'engager vers une utilisation plus responsable de l'informatique varient selon les secteurs d'activité. Les entreprises utilisant beaucoup de solutions logicielles pourront se tourner vers l'éco-conception logicielle. Elle permet de limiter dès la conception la consommation énergétique des outils numériques et de les optimiser pour les rendre facilement utilisables sur les différentes plateformes (ordinateurs, smartphones...). Pour d'autres secteurs, les leviers iront plutôt vers l'économie de papier, vers la lutte contre l'obsolescence programmée ou vers le recyclage des déchets informatiques. Dans le Maine-et-Loire, l'entreprise de travaux publics Luc Durand s'est lancée dans différentes actions qui entrent dans le Green IT. « Nous développons des outils informatiques qui nous permettent de limiter nos déplacements, de gagner du temps de travail, de limiter nos coûts d'impression, explique Willy Lambert, chef de projet informatique. Depuis trois ans, 60 % de nos réponses aux 800 appels d'offres publics auxquels nous répondons chaque année sont dématérialisées : plus besoin d'aller remettre en main propre, en voiture, un dossier de mille pages imprimées mobilisant une personne pendant plusieurs heures. » Limitation du nombre de serveurs physiques au profit de serveurs virtuels pour le stockage des données, réalisation de cartes interractives contenant toutes les données sur l'évacuation des eaux usées pour éviter certains déplacements inutiles, développement d'applications Web adaptables et efficaces sur tous supports... « Ce n'est pas simple à mettre en place, il faut une vraie volonté, mais c'est à la fois des gains en énergie, en efficacité et en matière d'environnement, précise-t-il. C'est un engagement sur notre responsabilité sociale en tant qu'entreprise. »




Éduquer et sensibiliser : le Green Code Lab Challenge

Du 26 au 28 novembre, l'Esaip, école d'informatique angevine, a réuni 340 étudiants dans 14 villes européennes autour d'un concours. Pendant deux jours et deux nuits, les 80 équipes ont optimisé le code d'un logiciel pour le rendre plus respectueux de l'environnement. Cette initiative, doublée par un colloque consacré au Green IT, est une façon de sensibiliser à ce volet particulier de la protection de l'environnement. Pour Thierry Leboucq, il est absolument nécessaire de sensibiliser le public, les étudiants, ainsi que les entreprises : « Ce n'est pas la consommation individuelle, ni même celle d'une entreprise, qui changera tout, mais la somme des actions individuelles influe sur la dépense énergétique globale. »

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