François Cansell est le directeur général de l'Institut polytechnique de Bordeaux (IPB). Il explique les multiples projets de développement et d'extension des écoles d'ingénieurs de Bordeaux.
Qu'est ce que l'Institut polytechnique de Bordeaux et pourquoi l'avoir créé?
L'IPB a été créé en 2009 pour donner plus de visibilité aux formations d'ingénieurs de l'Université de Bordeaux. Il regroupe quatre écoles d'ingénieurs publiques bordelaises: l'ENSCBP, l'Enseirb/Matméca, l'ENSC et l'ENSTBB*. Notre volonté est de structurer notre offre en adossant formation, recherche et transfert de technologie. D'ici à 2012, chacune des quatre écoles disposera d'un plateau de transfert et aura un espace pour accueillir des entreprises innovantes ou des entreprises en création.
Comment fonctionnent ces plateaux de transfert?
Soit une entreprise a un projet et souhaite faire des essais de faisabilité, c'est-à-dire valider un nouveau concept ou une nouvelle méthode. Nous mettons alors à sa disposition nos outils. Soit un des onze laboratoires de recherche que compte l'IPB a une idée et la met en oeuvre, soit en créant une entreprise au sein de la plateforme ou en transférant le projet en entreprise. Notre objectif est de réaliser un transfert ou une création d'entreprise par an et par plateau.
Pour sensibiliser nos étudiants à la création d'entreprise nous mettons d'ailleurs en place à la rentrée au sein de l'IPB, un parcours entrepreneurial pour les initier. Nous espérons attirer une trentaine d'étudiants.
Ces regroupements s'accompagnent de nombreuses extensions de locaux, pouvez vous donner les détails?
Cheminov, la plateforme de transfert de l'ENSCBP disposera d'un nouveau bâtiment de 1.000m² fin 2011 qui sera dédié aux nanomatériaux. 3,6M€ seront investis. L'ENSC (cognitique) quittera fin 2012 les locaux qu'elle occupe au CHU et s'installera dans l'ancienne fac d'oenologie. Les travaux sont en cours pour un montant de 2,5M€. L'Enseirb/Matméca dont la fusion est en cours, disposera également d'un nouveau bâtiment de 8.000m² d'ici à la fin 2012. L'administration de l'IPB y sera hébergée. La région Aquitaine investit 22M€.
En terme d'effectifs, quelles sont vos ambitions?
L'IPB réunit 1.800 élèves en tout. Actuellement, l'Aquitaine forme 3,5% d'ingénieurs or la moyenne nationale est à 5,3%. Notre objectif est d'augmenter le nombre d'élèves d'ici 5 à 10 ans à 2.400 soit 33% d'effectif supplémentaires.
*ENSCBP (École nationale supérieure de chimie, de biologie et de physique), ENSC (École nationale supérieure de cognitique), Enseirb/Matméca (École nationale supérieure d'électronique, informatique, télécommunications, mathématique et mécanique de Bordeaux), ENSCTBB (École nationale supérieure de technologie des biomolécules de Bordeaux)
Implantation de l'Institut d'optique d'ici à 2012, regroupement des écoles d'ingénieurs, création de l'Université de Bordeaux et de l'Institut polytechnique, extensions programmées de BEM et de Sciences Po... Ça bouge du côté des grandes écoles. Sous l'impulsion du plan Campus qui prévoit 475M€ pour moderniser les universités, les grandes écoles veulent en profiter pour rendre Bordeaux et ses formations supérieures plus visibles à l'international.
Dossier réalisé par Yann Buanec et Orianne Esvan