C'est le feuilleton commercial de Moselle Est. Pour la deuxième fois en 18 mois, la Commission nationale d'aménagement commercial (CNAC) a donné, début avril, son feu vert à la réalisation du projet Grand Fare à Farébersviller. «Nous avons obtenu une deuxième autorisation de la CNAC suite à un problème technique et juridique. Il manquait un papier avec l'avis du ministre. Cela entachait la décision d'irrégularité. Devant le Conseil d'État, la décision aurait été annulée. Nous avons donc demandé le retrait administratif de l'autorisation obtenue pour la purger de son vice de forme», détaille Vincent Xolin. Le directeur de l'opération chez Codic s'avoue soulagé. «Jusqu'à présent, toutes les autorisations ont été réaccordées. Mais la CNAC réinstruit intégralement le dossier comme la première fois.»
Recours non suspensif
Reste que les détracteurs du projet peuvent encore saisir le Conseil d'État pour contester les éléments factuels qui ont motivé la décision de la CNAC. Mais débloquée par la nouvelle décision de la CNAC, la procédure administrative reprend son cours normal. «La demande de permis de construire a été déposée et est en cours d'instruction.» Ensuite viendra le temps de l'enquête publique, puis du chantier. «Un recours contre la CNAC n'est pas suspensif. Nous pourrions commencer la construction, voire ouvrir le centre, à nos risques et périls.» Une manière de mettre les pouvoirs publics devant le fait accompli et sous la pression des salariés et clients. Si un recours est déposé auprès du Conseil d'Etat, le démarrage des travaux est prévu pour 2014 pour une ouverture début 2016. «Sans recours, on gagne 1 an.» Initialement prévu, et refusé par la CNEC de l'époque, sur 35.000m² de surface de vente, le projet Grand Fare a été revu et prévoit la création d'un ensemble commercial de 28.600m² de surface de vente, complété de 4.000m² d'équipement de loisirs, dont l'exploitation sera confiée aux frères Le Douarin, propriétaires de Walygator. À l'exception de Carrefour, qui s'installera sur 8.000m², aucune autre enseigne n'est encore annoncée. «Nous entrerons en phase de commercialisation active quand nous aurons des garanties sur le calendrier. Ca n'a d'intérêt ni pour nous, ni pour les enseignes de s'engager maintenant. Chaque année, il y a 100 à 120 enseignes qui se créent et autant qui disparaissent. Ca bouge beaucoup.»
Modulable et évolutif
Ce que peut annoncer en revanche le directeur de projet, c'est une répartition à peu près équilibrée entre les enseignes d'équipement de la personne, de la maison et de sport, culture et loisirs. À la fois centre commercial classique avec 45 à 50 boutiques et retail park, l'ensemble dessiné par le cabinet SCAU proposera des petites et grandes surfaces. «Le bâtiment doit être complètement modulable et évolutif selon les besoins des enseignes. Nous travaillons aussi avec elles à générer une bonne cohabitation et la plus grande efficacité pour tous.» Les préoccupations environnementales sont également prises en compte avec l'installation de toitures végétalisées, de 4.500m² de panneaux photovoltaïques, une utilisation du bois 2 à 3 fois supérieure aux préconisations du Grenelle de l'Environnement et l'inscription dans le projet Electromobilité développé par le conseil général. Le tout mobilise un investissement de 150M€. «Sans compter les retombées économiques annuelles estimées à 2M€ et liées aux travaux de maintenance et d'entretien», souligne Vincent Xolin. Le promoteur n'a pas encore tranché la question de la conservation du programme en portefeuille. «Soit nous créons une foncière en interne ; soit nous vendons à un investisseur professionnel qui le gérera.» .
équipement commercial Après avoir connu plusieurs avatars, le projet de création d'un centre commercial à Farébersviller est à nouveau sur les rails.