« Le marché français de la chaussure est très particulier », avance Karim Oumnia. « Si une chaussure s'est vendue partout ailleurs, alors OK, vous pouvez être distribué. » Avant l'été, le président de GlaGla International aura pris une décision pour se lancer sur le marché français. « Soit nous réussissons à convaincre un distributeur, c'est-à-dire qu'il sera d'accord pour expliquer le concept de notre chaussure ventilée, soit nous créons notre propre réseau de distribution. Mais le risque n'est pas le même... » Conçue et dessinée dans les bureaux nancéiens de GlaGla International, les 200.000 paires de GlaGla Shoes vendues dans plus de 50 pays du monde permettent à la société de réaliser 95 % de son chiffre d'affaires à l'export. « Aux USA, GlaGla est reconnue comme une marque française. Aujourd'hui, il est presque impossible de produire une chaussure technique hors d'Asie », affirme Karim Oumnia. Ni chaussure de ville, ni chaussure de sport, la GlaGla Shoe devrait donc débarquer en France en 2014, après avoir convaincu le reste du monde.
150.000 paires en Chine
En avril, un distributeur chinois va placer 150.000 paires sur trois ans, d'abord à Hong-Kong, puis à Shanghaï. « Notre business plan nous permettra de monter jusqu'à 500.000 paires », détaille Karim Oumnia. En Russie, en Israël, partout le concept de « chaussure ventilée » a réussi à convaincre : « Nous parlons de chaussure ventilée car les données mesurées par un laboratoire indépendant montrent que nous sommes au-delà d'une chaussure respirante », précise le président de GlaGla International. Le défi de l'équipe de Karim Oumnia a été de réussir à percer une semelle sans pour autant raccourcir la durée de vie de la chaussure : les premiers travaux autour de ce concept ont été lancés en 2003, pour réussir à incorporer une membrane métallique dans une semelle contenant du néoprène et de l'EVA, renforcée de carbone. Les ouvertures dans la semelle, placées sous les glandes sudoripares, permettent d'évacuer 80 % de la transpiration du pied.Un concept protégé par des brevets, mais aussi un positionnement prix qui doit décourager les contrefacteurs. « Nous aurions pu proposer les premières GlaGla à plus de 100 €. Mais nous démarrons à environ 39 €. Nos marges sont serrées, mais cela permet aussi à tout le monde de s'offrir une GlaGla. »
Encore des développements
Première idée pour attaquer le marché : présenter la GlaGla comme le « T-shirt du pied » : « Tout le monde a des bottes pour l'hiver. Mais hormis les tongs et les sandales, qui a des chaussures pour l'été ? », avance Karim Oumnia. « Cette chaussure nous permet d'imaginer de nombreux développements : chaussure technique pour le personnel hospitalier, pour les serveurs ou encore pour les personnes atteintes de diabètes, qui doivent conserver leurs pieds très propres. » Des développements porteurs d'emplois mais qui coûtent chers : « Je veux rester à Nancy, mais les choses seraient plus simples aux États-Unis. Et j'ai déjà eu des propositions... »
GlaGla International
(Nancy) CA 2012 : 2 M€ Effectif : 9 Date de création : 2009