Suppression de la publicité oblige, le décrochage local de 19h55 de France3 Maine risque de décrocher définitivement à la rentrée. Le projet de loi sur l'audiovisuel public amène en effet la direction de la chaîne à procéder à des modifications drastiques de la grille de programmation. «Avec plus de 80.000 téléspectateurs, contre 60.000 à 18h48, la 2e diffusion répond pourtant clairement à un besoin de proximité, s'étonne Willy Colin, journaliste de France3 Maine. Supprimer cette édition revient donc à perdre plus de la moitié de nos téléspectateurs ainsi que la motivation de nos équipes!»
Le 19h55: «Notre raison d'être»
La spirale infernale du déficit budgétaire «remet en cause la logique éditoriale au profit de la seule logique économique». «Sous prétexte de vouloir récupérer de l'argent et de placer un maximum de pub avant 20heures, on nous squizze!» Or les Locales doivent rester un «maillon fort» de l'information sur le service public et non pas devenir une «variable d'ajustement». Pourquoi ne pas rediffuser les Locales plus tard, avant ou après «Plus belle la vie»? Une option privilégiée par la rédaction car elle aurait l'énorme avantage de «pouvoir maintenir des ressources publicitaires régionales à une heure de grande écoute et avec un coût nul».
Le global média sans moyens
Autre sujet d'inquiétude: le manque de moyens techniques et humains. Déjà «sous-équipée» par rapport à d'autres régions, France 3 Maine va devoir allonger de quelques minutes son édition qui, en outre, sera avancée à 18h40, un créneau peu adapté aux actifs. «On veut bien alimenter le projet de web télés régionales dans l'esprit global média, mais sans apport supplémentaire et sans préparation, alors qu'on fonctionne déjà à flux tendu, c'est impossible!», tempête l'équipe, qui compte 13 salariés. Le mouvement de grève entamé fin novembre n'ayant rien changé, la rédaction envisage de se mobiliser de nouveau début janvier. Contactée à plusieurs reprises, la direction n'a pas donné suite à nos demandes visant à obtenir son point de vue sur la situation.
L'édition locale de France 3 serait en danger selon les journalistes.