Formation professionnelle : Investir plutôt que dépenser
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Formation professionnelle : Investir plutôt que dépenser

Invité le 21janvier à l'abbaye des Prémontrés par le groupe Lorrain de l'Association nationale des DRH, Gérard Cherpion, député et rapporteur du projet de réforme de la formation professionnelle continue, a détaillé l'esprit de la loi. «Les montants en jeu sont considérables et les enjeux sont forts. Le problème est de faire de ces 28milliards collectés un investissement et non une dépense.» Gérard Cherpion, député et rapporteur du projet de loi portant réforme de la formation professionnelle continue s'est voulu très pédagogique, s'adressant comme un professeur patient à un public de DRH rassemblé dans l'amphithéâtre de l'abbaye des Prémontrés. Retraçant rapidement l'historique du projet, Gérard Cherpion a reconnu que le travail n'était pas encore tout à fait achevé, puisque le décret concernant la création du Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels n'est pas encore paru. Basé sur l'accord signé par les partenaires sociaux le 7janvier 2009, le texte veut «permettre à ceux qui en ont le plus besoin de se former», a soutenu Gérard Cherpion. «Car auparavant, ce ne sont pas les ouvriers qui venaient de se faire licencier qui avaient accès à une formation.» Sur le fond, hormis quelques déclarations d'intention de ce type, le texte ne propose pas de «grand soir de la formation», pour reprendre l'expression de Gérard Cherpion. C'est plutôt dans l'organisation de la collecte des fonds que les choses vont bouger. En effet, le territoire national était jusqu'à présent couvert par près de 100 Organismes paritaires de collectes agréés (OPCA). Pour 2012, tous les OPCA vont remettre leur agrément en jeu. Et «si leur collecte de fonds est inférieure à un certain niveau, l'agrément ne leur sera pas donné», détaille prudemment Gérard Cherpion. Prudemment, car le seuil est déjà connu: 100M d'euros. Le paysage après l'opération pourrait donc compter une quinzaine d'OPCA en France. Des rapprochements ont déjà eu lieu, le député évoque des «synergies», qui devraient encore une fois profiter aux stagiaires de la formation professionnelle. Autre modification: une partie des fonds ira vers les chômeurs, de manière à leur permettre de rebondir et de réintégrer le marché du travail. Une disposition qui passe mal auprès des entrepreneurs: certains voient déjà une partie des fonds s'échapper vers un public qui ne les concerne pas. Gérard Cherpion en est persuadé: «Aujourd'hui, on ne fait plus sa carrière dans la même entreprise. Il faut donner à tout le monde la possibilité d'évoluer et de progresser sur l'échelle sociale.»

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