Sévèrement impactés par la crise, les industriels de Loire-Atlantique pourraient bien retrouver le sourire grâce au prometteur marché des énergies renouvelables. Dans la région, c'est en particulier l'éolien offshore qui attise toutes les convoitises. Avant de lancer un appel d'offres visant à implanter 600 éoliennes au large des côtes françaises, le gouvernement doit retenir dans les prochaines semaines une dizaine de zones propices à l'implantation de ces fermes éoliennes. Dans les Pays de la Loire, deux zones sont candidates. La première se situe à la pointe du Croisic, l'autre au large de l'Ile d'Yeu et de Noirmoutier. En cas de feu vert gouvernemental pour ces deux zones, le marché serait pharaonique pour les entreprises ligériennes. De quoi mobiliser l'ensemble du tissu industriel régional, mais aussi les collectivités, les organismes de recherche, etc. Objectif : faire émerger des acteurs locaux à même de pouvoir répondre aux besoins de la filière, qu'il s'agisse d'ensemble mécano-soudés de grande dimension (mâts, etc.), d'ingénierie industrielle et logistique de grands ensembles complexes, de fabrication de navire de pose et de bateaux d'assistance technique, etc. Sur ce business, les entreprises ligériennes se positionneront en accompagnatrices, aucune ne pouvant se positionner comme fabricant de mâts. Néanmoins, le jeu en vaut la chandelle puisque dans l'éolien offshore, la nacelle et le mât ne pèsent que pour 50% des coûts, alors que pour l'éolien terrestre, la nacelle représente 75% du projet. «Avec l'éolien offsore, les retombées pour le territoire sont estimées en 1 et 2Md€», indique Bruno Hug de Larauze, président de la CCI de Saint-Nazaire.
Néopolia en pointe
Une manne que lorgne particulièrement Néopolia, cluster regroupant 130 PME régionales, qui s'apprête à faire émerger en son sein une branche d'activité totalement dédiée aux énergies renouvelables. Les industriels montent actuellement en compétences dans ce domaine afin de rattraper le retard concédé face aux concurrents allemands ou scandinaves. Parmi ces industriels pleinement engagés dans le virage des énergies renouvelables, et dans l'éolien offshore en particulier, STX. Les chantiers nazairiens de construction navale travaillent actuellement, en partenariat avec Vinci, EMCC, Bureau Veritas et Centrale Nantes, sur les futurs navires de poses d'éoliennes offshore afin de réduire les coûts d'installation en mer. «L'ambition de STX est de devenir un acteur majeur de la construction et de la conception de fermes d'énergies marines renouvelables, pas seulement dans l'éolien», indique ainsi Jean-Rémy Villageois, responsable des nouveaux marchés chez STX. Outre les prestations liées aux fondations, à l'installation ou à la pose de câblage, le marché de la maintenance des futurs parcs éoliens apparaît également particulièrement prometteur. Pour proposer une offre globale en la matière, six entreprises régionales se sont regroupées au sein du cluster Net-Wind. On y trouve le groupe sarthois Chastagner, le groupe Eiffel Industrie, l'Apave Nord Ouest, l'Angevin, Fixator et le Parisien Hydralight, accompagnés par le consultant nantais Jean-Yves Guinemer (Akhali). L'éolien offshore se structure dans la région, attendant des premières retombées à moyen terme puisque les premières commandes industrielles sont attendues pour 2012.
Pour l'industrie régionale, le secteur de l'éolien, en particulier offshore, pourrait constituer un formidable appel d'air. Soutenus par les collectivités locales et s'appuyant sur des partenaires académiques reconnus, les industriels ligériens se tiennent prêts à accompagner les grands fabricants.