Trois questions à Philippe Maugé, directeur du développement de Voies Navigables de France (VNF).
Le transport fluvial, une alternative économiquement crédible?
Pour une entreprise située à proximité d'une voie d'eau, le coût est inférieur de 3 à 10% par rapport au transport routier. Il faut observer le coût global du transport fluvial car les économies réalisées ne se trouvent pas sur la partie transport proprement dite. Par exemple, le stockage des containers dans les ports intérieurs coûte bien moins cher que dans les ports maritimes.
Est-ce le moment de miser sur le fluvial?
Oui, je suis très optimiste. Depuis la fin des bourses d'affrètement, en 2000, le transport fluvial doit attirer ses clients et s'adapter, innover. Des offres concurrentielles existent enfin. Les projets de création de ports ou de liaisons se concrétisent et nous travaillons au développement de nouveaux concepts de bateaux. Sans oublier que les infrastructures sont loin d'être saturées. Sur le transport de grands gabarits, on peut multiplier par deux ou trois le volume de marchandises transportées. Maintenant il faut juste un changement d'habitude de la part des entreprises.
Le fluvial peut-il devenir une alternative aux poids lourds?
Ce n'est pas une alternative car les fleuves ne desservent pas tout le territoire. Entre les ports et les entreprises, le camion reste incontournable pour assurer les derniers kilomètres. Mais c'est une solution pour que le transport routier puisse continuer son activité en évitant de congestionner les grandes villes.