Impossible de se tromper! La douce odeur sucrée qui envahit l'entreprise Fizzy, à Sars-et-Rosières dans l'Amandinois, est bien celle de la barbe à papa. Ce sont des robots qui fabriquent la fameuse confiserie mise en pot dans un rythme effréné. Le négociant de bonbons commercialise ce produit phare depuis cinq ans. À raison d'1,2million de pots vendus chaque année, Fizzy a décidé de réinternaliser la production de cette confiserie en 2009, de façon très artisanale au début. «Nous avons industrialisé le process depuis peu tout en gardant la saveur et le goût d'origine», savoure Béatrice Bertin, l'une des trois associés de l'entreprise créée en 1978 par son père Edgard Vandoorne, du côté de Baisieux à l'époque.
Dix millions investis en 15ans À Sars-et-Rosières depuis 1997, sur 10.000m², Fizzy y a investi quelque dix millions d'euros. Dernier investissement en date: un nouvel atelier dédié à la barbe à papa a donc été créé au sein même de l'entrepôt. «Nous avons passé deux ans à mettre au point un process, confie Béatrice Bertin. Nous venons d'investir 400.000euros dans une salle blanche avec des machines.» La dirigeante dynamique, investie dans le réseau consulaire notamment pour favoriser les synergies entre clubs d'entreprises, songe déjà à d'autres fabrications maison, comme ces pailles garnies de poudre sucrée pour l'instant importées du Mexique.
Un nouveau virage Au-delà d'une nouvelle activité, il s'agit aussi pour Fizzy d'un nouveau métier à apprendre et à maîtriser. L'entreprise familiale et indépendante a l'habitude de tels virages stratégiques. En 1987, elle en a pris un premier passant du simple statut de négociant de confiseries à celui de créateur de produits «marketés» avec l'aide de quatre infographistes, entre autres. «C'était le début d'une démarche de concepteur assembleur. Nous sommes précurseurs dans ce métier», rappelle la chef d'entreprise.
Leader du «candy concept» Désormais, le bonbon se vend avec un cadeau ou un jouet, parfois en bois d'ailleurs. C'est le «candy concept» dont Fizzy se targue d'être leader en France. Confiserie et jouet sont packagés ensemble pour la grande distribution et le hard discount, sa principale clientèle. Du BtoB exclusivement. En 1988, deux produits phares ont propulsé la marque Fizzy dans les rayons: le jouet téléphone portable garni de bonbons et le mini-distributeur de billes gommes.
De cinq à 100salariés
Depuis, les licences à succès se sont enchaînées: jouets, dessins animés, bandes dessinées... Fizzy associe ses produits à Barbie, Cars, Barbapapa, etc. «Depuis plus de 15ans, nous connaissons une croissance à deux chiffres, un peu ralentie à+2% en 2011», se félicite néanmoins Béatrice Bertin, plus particulièrement en charge de la partie administrative et financière. À son arrivée dans l'entreprise en 1987, ils n'étaient que cinq salariés. Aujourd'hui, Fizzy emploie une centaine de personnes et fait régulièrement appel à trois CAT.
L'export en croissance Son chiffre d'affaires, actuellement de 20millions d'euros, devrait atteindre 25 à 30millions. La part d'export grimpe, principalement grâce à l'Europe. Elle est passée de 2,5 à 3millions l'an dernier. C'est un autre axe de développement pour les trois associés. Un recrutement dédié à l'international a été réalisé il y a un an. Aujourd'hui, Fizzy recherche son directeur des ventes, un poste que l'entreprise souhaite créer pour animer ses 20commerciaux répartis sur toute la France et diversifier ses réseaux et canaux de revente (jardineries, centres autos...). Et pourquoi pas bientôt du e-commerce!
Géry Bertrande
Agroalimentaire À Sars-et-Rosières, le négociant et distributeur de confiseries fondé en 1978 se lance dans la fabrication de sa propre barbe à papa. Pour cette nouvelle activité, un atelier robotisé vient d'être mis en route pour un budget de 400.000euros.