Dans la bouche de Serge Pfeiffer, président de Poincaré Gestion, le constat a un petit côté dramatique: «Personne ne s'occupe des belles PME!». Et c'est ce créneau que le Fonds commun de placement à risque (FCPR) GEI veut investir: le financement des PME «patrimoniales, familiales, saines et rentables». Issue du monde de la finance et du conseil aux entreprises, l'équipe de Poincaré Gestion, la société basée à Nancy et gestionnaire du FCPR GEI, s'est retrouvée sur une observation: «Pour des PME valorisées à 30millions et plus, il n'y a pas de problème, on trouve toujours un fonds national. Sous 10millions, les fonds régionaux peuvent intervenir. Mais entre 10 et 20millions, c'est toujours très compliqué», détaille Serge Pfeiffer. Trop cher pour les cadres, pas assez pour les fonds parisiens, Serge Pfeiffer constate que «dans le quart Nord-Est, les belles PME représentent pourtant 20% du PIB pour seulement 4% des investissements en Private Equity». Autre point délicat: le choc des cultures entre le monde de la finance et les industriels, choc qui débouche souvent sur un transfert de savoir-faire et de valeur ajoutée vers Paris. Comme s'il était impossible de trouver les hommes et les compétences en région.
Ticket entre 2 et 7millions d'euros
Il y avait quelque chose à tenter, Serge Pfeiffer et les hommes de Poincaré Gestion ont réussi. Le fonds couvre sept régions: Alsace, Bourgogne, Champagne-Ardenne, Franche Comté, Nord-Pas-de-Calais, Picardie et Lorraine. Un ensemble «cohérent», estime Serge Pfeiffer, qui note que dans cette région, on trouve de «très belles PMEmais pas de fonds de capital d'investissement dans la durée capable d'investir entre 2 et 7M€». Les principaux souscripteurs de GEI sont des chefs d'entreprises.
Faire émerger des ETI
Et ce réseau veut être une des forces du FCPR GEI: «Nous voulons apporter aux entreprises un ensemble de compétences, que l'on trouve chez nos souscripteurs», explique Serge Pfeiffer. Avec un objectif affiché: faire émerger des ETI, ces entreprises de tailles intermédiaires qui manquent tant au tissu économique français en général, et lorrain en particulier. «Quoi de mieux, quand on cherche à se développer dans l'agroalimentaire par exemple, de bénéficier des 30 ans d'expérience d'un entrepreneur de la même branche?», affirme Serge Pfeiffer. Au premier closing en juin, le fonds était déjà doté de 40M€. «Nous espérons doubler la mise d'ici au 31décembre», affirme Serge Pfeiffer. Et pour être opérationnel le plus vite possible, la recherche d'opération d'investissement a été menée de concert: «Nous avons déjà trois dossiers sur lesquels les discussions sont très avancées. La concrétisation de ces opérations pourrait se faire entre septembre et décembre». Pour un agrément AMF arrivé le 25juillet 2010, les opérations s'enchaînent très rapidement. «C'est parce que nous répondons à un vrai besoin de marché», assure Serge Pfeiffer.
Géré depuis Nancy par Poincaré Gestion, le Fonds transrégional GEI veut être le «chaînon manquant» du financement des PME.