Feu Vert : « Les rumeurs sur une entrée dans l'actionnariat de Colony Capital sont fausses »
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Feu Vert : « Les rumeurs sur une entrée dans l'actionnariat de Colony Capital sont fausses »

Service automobile. Le P-dg du groupe lyonnais, Bernard Perreau, confirme la cession imminente de 100 % des titres du réseau Feu Vert (6.200 collaborateurs) mais dément toute entrée au capital de ce fonds américain.

Feu Vert est-il à vendre ? Nous sommes sous LBO depuis maintenant 8 ans. Il est temps de faire évoluer l'actionnariat. Mais les principales rumeurs qui ont été données, quant à une exclusivité que nous aurions signé avec le fonds américain Colony Capital, sont fausses. En revanche, nous sommes officiellement en procédure de cession ; cession dont le deal est de céder 100 % des titres, y compris ceux des actionnaires minoritaires. On est donc en contact avec pas mal de fonds. Nous devrions être en phase de closing dans les mois qui viennent. Feu Vert est une société très intéressante en termes de rentabilité et de modèle économique. Nous sommes donc approchés par plusieurs fonds...

Privilégiez-vous un fonds français, comme c'est le cas actuellement avec Qualium Investissement (filiale de la Caisse des dépôts) à 60 % et les parts (34 %) détenues par Bergerat Monnayeur ?
Un fonds étranger peut tout à fait s'inscrire dans la dynamique de croissance que nous recherchons. Nous sommes de toute façon sur un métier ? l'activité automobile ? dans lequel il n'est pas simple de s'implanter hors de ses frontières naturelles. C'est un métier très particulier, plus difficile que celui de la distribution classique, avec des barrières à l'entrée plus compliquées. Il faut un secteur automobile présent, avec des ateliers, du savoir-faire. Par conséquent, le fonds que nous choisirons ? et ce quelle que soit son origine ? aura comme priorité de développer les pays dans lesquels nous sommes présents (France, Espagne, Portugal et Pologne), et d'autres destinations comme l'Afrique (en master franchise) ou le reste de l'Europe en développement en propre.

Vous avez récemment levé auprès d'un pôle bancaire ? dont BNP Paribas ?, 250 millions d'euros pour financer votre déploiement européen. Cette stratégie d'expansion est-elle freinée par la cession en cours ?
Nous avons fait cette opération de refinancement qui nous permet d'avoir de l'oxygène et une belle capacité d'investissement. Nous ne sommes absolument pas bloqués par un manque de moyens financiers et nous réfléchissons d'ailleurs à des opérations d'investissement dans le réseau actuel avec de nouveaux investissements sur des équipements ou sur la digitalisation de l'entreprise. Nous n'excluons pas non plus des opérations de croissance externe sur des rachats de petits réseaux dans les pays où nous sommes implantés, en Espagne ou en France par exemple. Seulement, si nous devons prendre le risque d'implantations sur de nouveaux pays, nous le ferons en accord avec le prochain actionnaire, pas avant 2016 donc.

Quels types d'opérations externes envisagez-vous ?
Ça peut être simplement des centres auto ou des centres de réparation rapide indépendants ou bien des petits réseaux, en Espagne notamment. En tout cas, ces opérations seront ciblées sur nos métiers historiques ; nous n'envisageons pas nous diversifier sur d'autres métiers.

Quels sont les points faibles de l'actuel réseau Feu Vert ?
Nous devons accélérer la capacité de développement de l'entreprise. Feu Vert n'est pas suffisamment bien implanté en Europe. Mais les fondamentaux sont bien là. Nous avons un positionnement face au réseau constructeur et aux MRA (enseignes de réparation multimarques) qui se comporte très bien et correspond au comportement du consommateur, lequel cherche un rapport qualité/prix, face à la crise, très compétitif. Ce consommateur cherche également la totalité des prestations de l'aftermarket automobile ce que nous proposons depuis plusieurs années déjà. Nous sommes par ailleurs très flexibles dans notre offre et très bien implantés sur les parkings d'hypermarchés, en sortie de carburant.

Quelles sont les ambitions digitales de l'entreprise ?
Nous avons réussi en quelques années à monter en puissance sur ce
chantier digital colossal avec des services de e-réservation, du drive-to-shop et toutes les techniques monocana
les. Ce volet digital est entre les mains de Jean-Philippe Hénaff (ex-directeur e-commerce de Tourpargel, Ndlr), qui nous a rejoint cette année.

Feu Vert (Ecully) P-dg : Bernard Perreau CA 2014 : 651 M€ 6200 salariés www.feuvert.fr

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