Organisées, les femmes de la Fédération française du bâtiment (FFB). À peine lancé, leur groupe déborde déjà de projets. La prochaine réunion est calée début février, le groupe doit se réunir tous les deux mois. Gestion du temps, du stress, dématérialisation feront partie des thèmes abordés, avec à chaque fois la présence d'un intervenant ad hoc. «Nous commençons et nous terminons à l'heure car nous restons avant tout des mamans, calées sur les périodes scolaires. Cela a d'ailleurs étonné notre président lors de notre première réunion», signale Blandine Lomenech, qui pilote avec son mari les entreprises de peinture Sovapeic (Vannes) et Blandine Déco (Crac'h). Structures où un tiers des effectifs sont féminins. «C'est peut-être plus facile qu'en charpente», remarque Blandine Lomenech. «On n'échappe pas quand même à la nécessité de porter des charges, les salariées ne laissent d'ailleurs personne s'occuper du seau à leur place.»
Les femmes aux finances
Mais dans le bâtiment, les femmes semblent avoir trouvé une autre place naturelle: aux finances. «Mon mari s'occupe des facturations et moi je les enregistre ensuite», détaille Sylvie Riva de Cloisons Isolation Bretagne Sud à Saint-Avé. «Cela passe mieux auprès des clients lorsque c'est une femme qui les relance. Nous sommes plus fermes, avec peut-être plus de rigueur.» Mais un passage par la case "terrain" semble aussi nécessaire pour saisir pleinement la réalité de l'entreprise et de ses marchés. Murielle Texier, de l'entreprise Jean-Noël Texier SAS au Sourn près de Pontivy, se partage le secrétariat, gère le département dépannage ainsi que les fiches de paye. «Il y a 25 bulletins de salaires à faire chaque mois, je ne m'en sortirais pas toute seule, je suis donc épaulée par ma collègue Carine qui est à mi-temps. Nous sommes les seules femmes. Je n'ai jamais connu qu'un environnement masculin. Aujourd'hui, je pense que j'aurais du mal à ne travailler qu'avec des femmes.»
«Nos maris sont à la fédé»
Pour la FFB, l'objectif de ce réseau est en tout cas d'offrir aux conjointes une bouffée d'oxygène et de leur permettre de «faire le plein de relations humaines féminines à la fédé», selon les termes d'Aude Le Vaillant, la nouvelle secrétaire générale. «Nos maris sont tous à la fédération», poursuit Sylvie Riva. «J'ai accroché tout de suite à cette démarche», ajoute Blandine Lomenech. «Mon mari a pas mal de réunions de son côté, il en revient à chaque fois ravi, cela lui permet d'échanger, de sortir du quotidien.» Une réunion vient tout juste de se dérouler à Paris avec 80 groupes de femmes FFB en provenance de toute la France. Ce type de groupes fait partie des objectifs de la Fédération nationale. En particulier depuis la loi du 2août 2005, qui a obligé les femmes d'entrepreneurs à opter obligatoirement pour un statut: conjointe-salariée, conjointe-collaboratrice ou conjointe-associée.
DIRIGEANTES Le planning du groupe Femmes de la Fédération française du bâtiment est déjà bien rempli. Pour la plupart conjointes, elles y font le plein de relations.