La Bretagne fait partie, avec l'Auvergne, des régions pilotes pour le déploiement de la clef "signexpert" des experts-comptables. Une sorte de clef USB doublement sécurisée par un logiciel et un mot de passe qui authentifient certains échanges électroniques entre les experts-comptables et leurs clients. «D'un point de vue légal, il s'agit de l'équivalent d'une lettre recommandée», explique Philippe Busson, président des experts-comptables de Vannes. «Pour des accords de prêts allant jusqu'à 25.000euros, un dossier envoyé avec la signature Signexpert sera considéré comme prioritaire par la banque.»
Formation gratuite
Autre domaine où les Vannetais ont été précurseurs: l'opération "créer accompagner", à laquelle quatre régions françaises sont en passe d'adhérer. En plus des neuf qui participent déjà à ce dispositif, qui propose aux créateurs douze heures de formation gratuites par un expert-comptable. Ce coup de pouce s'arrête cependant à l'étape de la mise en place des outils de gestion. Fidéliser un créateur/repreneur évite en tout cas qu'il ait recours aux services d'experts extérieurs au cercle.
Huit ans après le bac
Un cercle d'environ 80 professionnels à Vannes qui maintient la pression contre l'exercice illégal de la comptabilité. La tenue de celle-ci est «réservée aux experts-comptables», remarque le président Philippe Busson. «Quelqu'un qui le fait sans le diplôme ni l'aval de la profession est passible de pénal. Quand nous en avons connaissance, nous prenons nos dispositions.» Plusieurs dossiers de ce type sont d'ailleurs en cours d'analyse à Vannes. Si ce métier défend chèrement sa peau, c'est bien aussi parce que devenir expert-comptable est une odyssée au long cours. Avec des études comparables à la médecine (Bac +8), même si la profession n'a pas droit au titre de "docteur". Après le Master, le DEC (diplôme d'expertise comptable) ne s'acquiert qu'après trois ans de pratique professionnelle. «Mais la profession a aussi besoin de simples comptables», glisse Philippe Busson, qui ajoute: «Nous devons consacrer au moins 40heures par an à la formation.Quand j'ai passé mon diplôme, on nous disait qu'il fallait passer 16% de notre temps à se documenter et à se former pour rester à niveau.»
Responsables devant la loi
Car un comptable est responsable devant la loi de tout manquement d'une entreprise qui est de son ressort. Par exemple lorsqu'un transporteur ne satisfait plus aux ratios de capitaux propres par rapport au nombre de ses camions exigés par la direction régionale de l'équipement. Et se voit ainsi retirer son agrément. L'environnement juridique des entreprises a d'ailleurs été très mouvant dernièrement. Entretenir le réseau reste de toute façon le meilleur moyen pour rester à flots. «En nous retrouvant régulièrement, nous mettons les confrères en relation et facilitons les affaires», remarque Stéphane Kerdat d'XO Conseil, trésorier de l'association. «Nous avons lancé un projet très ambitieux qui consiste à parrainer chaque jeune nouvellement installé. Notre objectif reste de nous faire connaître en tant qu'acteurs de l'économie locale.»
PROFESSION LIBérale Les experts-comptables vannetais sont en pointe sur la dernière innovation high tech de leur profession : la clef électronique "signexpert".