Ouverture de capital
En 2010, la France devra avoir créé les conditions pour appliquer la directive européenne Services. Objectif: faciliter la liberté d'établissement des prestataires de services dans les autres états membres ou entre états membres. La conséquence première pour les experts-comptables sera d'abaisser leur seuil de détention de parts dans le capital d'un cabinet. Aujourd'hui fixé à 3/4 pour les Sarl et 2/3 pour les SA, il pourrait être ramené à 51% demain. De quoi faire venir des gens extérieurs à la profession et peut-être aussi favoriser l'interprofessionnalité. Car demain, on pourrait par exemple imaginer des participations croisées avec les avocats, les notaires... Des professions qui aujourd'hui se voient plutôt concurrentes.
Visa fiscal
C'est Le sujet qui agite depuis quelques mois la profession et la divise même. La loi de finances votée cette année autorise au 1erjanvier 2010 les experts-comptables à délivrer à leurs clients un visa fiscal. Visa qui n'était accordé jusqu'à maintenant qu'aux adhérents des organismes de gestion agréés et qui dispense d'une majoration de 25% de leur bénéfice. Les experts-comptables qui opteront pour ce visa, auprès de l'administration fiscale, permettront au final à leurs clients d'éviter l'application d'un coefficient ?majorateur? d'1,25%. Si le sujet est autant discuté en ce moment sur les forums du web, c'est qu'il met en exergue les dissensions récurrentes entre organismes de gestion agréés et experts-comptables.
Reconnaissance de la signature
Quand il traite un dossier pour son client, un avocat a aujourd'hui un mandat implicite de ce dernier. Ce n'est pas le cas de l'expert-comptable. Pour agir auprès des banques, de l'administration fiscale, etc., ce dernier doit avoir la signature de son client. Résultat, «c'est un peu freinant par rapport à certains organismes, cela fait perdre du temps, de l'efficacité», note Jérôme Poingt, secrétaire général de l'Ordre des experts-comptables de Bretagne. Et puis «l'entreprise serait gagnante aussi car elle aurait moins de documents à produire. Ce serait plus simple.» L'obtention de cette signature est un chantier ouvert depuis cette année.
Communication
Depuis fin 2007, le code de déontologie permet aux experts-comptables d'entreprendre des actions de promotion. Tous ne s'y sont pas mis. Il y a d'abord les traditionnels réfractaires au changement. Mais il y a aussi ceux qui craignent de franchir la ligne jaune. Car le démarchage et la publicité comparative sont interdits. «Toute la difficulté pour nous est de trouver le bon équilibre entre les actions permises et ce qui reste interdit», souligne Jérôme Poingt.
Le papy-boom
En 2009, 50% des experts-comptables ont plus de 50 ans. Un fort renouvellement est donc à prévoir dans les années qui viennent. L'attractivité de la profession auprès des jeunes est un véritable enjeu. D'autant plus difficile que l'accès à la profession est un vrai parcours du combattant. Ce sont entre huit et neuf ans d'études pour obtenir le sésame. Un travail d'image et de notoriété auprès du grand public, et en particulier des jeunes, est donc prévu pour l'année prochaine.
Partenaire de l'entreprise, on oublie parfois que l'expert-comptable est lui aussi un entrepreneur. Avec des salariés, un compte de résultat, des charges... Un professionnel des chiffres qui se voit aujourd'hui bombardé de nouvelles réglementations. Visa fiscal, reconnaissance de la signature, ouverture du capital... Autant de thèmes qui seront abordés ce 4 septembre, à Saint-Malo, lors de l'assemblée générale annuelle de l'Ordre des experts-comptables bretons.
Philippe Créhange