Quelque 250.000 Français, déjà souvent sur place, ont créé leur entreprise à l'étranger. La formule séduit de plus en plus de jeunes. «Le phénomène s'est accéléré avec la crise. Faute de trouver un job en France, des jeunes n'hésitent plus à partir créer à l'étranger», explique Christina Gierse, rédactrice en chef de Vivrealetranger.com, site internet européen de la mobilité. Une tendance encouragée au sein de l'Union européenne par le programme "Erasmus pour les jeunes entrepreneurs" (www.erasmus-entrepreneurs.eu). Les candidats partent un à six mois dans le pays de l'Union de leur choix. Ils sont placés sous la responsabilité d'un entrepreneur confirmé, avec à la clef une bourse mensuelle de 600 € à 1.200 €, selon la destination. Reste qu'à plus de 75%, les créateurs d'entreprise à l'étranger sont déjà expatriés ou fils ou filles d'expatriés et bénéficient de réseaux sur place.
L'Europe mais pas seulement
Les pays de l'Europe de l'Ouest concentrent plus de 50% des créateurs d'entreprises français, avec une montée en puissance des récents entrants de l'Est. La Chine, le Brésil et le continent africain ont attiré et attirent encore les Français mais d'autres pays offrent de réelles opportunités de business à terme, comme l'Iran ou la Turquie. «Il y a des pays très ouverts comme Singapour ou la Nouvelle-Zélande», souligne Christina Gierse. «les pays qui génèrent du business ne sont pas forcément les plus glamours.» Partir créer à l'étranger, surtout quand on n'y dispose pas de réseaux, nécessite une solide information préalable. Et un portefeuille garni. Il faut aussi prévoir un retour possible au pays. «Après cinq à dix ans sur place, les expatriés n'ont en général pas envie de revenir, sauf événement majeur. En revanche, dans les trois premières années, les retours sont plus faciles... si on a gardé le contact.» De nombreux organismes et institutions sont à la disposition des candidats: la Maison des Français de l'Étranger (MFE), l'APCE, Ubifrance mais aussi les collectivités territoriales et les chambres consulaires.