Côtes-d'Armor
Epide : Le centre de la deuxième chance s'ouvre au monde économique
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Epide : Le centre de la deuxième chance s'ouvre au monde économique

L'établissement pour l'insertion dans l'emploi à Lanrodec a noué, depuis dix ans, des liens étroits avec le monde économique. Une dynamique qui va se renforcer en 2017.

L'insertion par le travail. Tel est le fondement à la base de la création de l'Epide de Lanrodec en 2006. Onze années plus tard, ce principe est encore plus d'actualité à l'heure d'un chômage de masse structurel chez les moins de 25 ans. Placé sous la tutelle du ministère de l'emploi et de la ville, le réseau des établissements pour l'insertion dans l'emploi, dont fait partie le site costarmoricain, réaffirme ses ambitions à s'inscrire de manière durable dans les politiques d'insertion régionales. « Nous avons cette vocation à tendre la main à ces jeunes, âgés de 18 à 25 ans, en rupture de la société et de vie en collectivité, précise Laurence Zellner, directrice de l'Epide depuis 2006 après plusieurs années passées à la tête du CFA de la chambre de métiers et de l'artisanat. Nous réalisons un travail de réinsertion sociale avec l'objectif final de trouver, à ces jeunes volontaires et pas contraints, une place sur le marché du travail une fois leur cheminement personnel réalisé. »

La réussite passe par un fonctionnement militaire

Particularité de l'Epide : son organisation d'inspiration militaire, héritage du ministère de la défense et des armées à l'origine du projet. La moitié de l'effectif d'encadrants est d'ailleurs composée de militaires à la retraite. « C'est la base même de la réussite. Sans les codes et les coutumes de la grande muette, le système ne fonctionnerait pas. Toutefois, pas question de forcer les gens à rester, comme au temps du service militaire. Chacun est libre de quitter le projet quand il le souhaite. » Lever à 6 h, lit au carré, apprentissage et chant régulier de la Marseillaise, rassemblement cinq fois par jour sous les drapeaux, etc. « Ce cadre pédagogique est nécessaire pour assurer la réinsertion sociale. » À ce cadre rigoureux s'ajoutent, sur une période de huit à dix mois, des modules liés à la mobilité et une importante remise à niveau de l'enseignement général. « L'éducation citoyenne a aussi une place très importante. L'objectif est de prouver à ces jeunes qu'ils ont une importance dans la société actuelle. C'est une notion qu'ils ont tous perdue à leur arrivée »

120 jeunes accueillis chaque année

Un temps menacé par des restrictions budgétaires, l'Epide a désormais trouvé sa place avec un taux de réussite de plus de 80 % à six mois. « Nous accueillons 120 jeunes par an sur des sessions de 10 mois. Certes, des échecs existent mais nous avons cette fierté de leur avoir remis le pied à l'étrier à un grand nombre en leur trouvant un travail ou une formation qualifiante. » Dans cette logique, le centre de Lanrodec s'impose comme un centre de ressources humaines pour de plus en plus d'acteurs économiques bretons. Pour les convaincre de s'engager à ses côtés, l'Epide dispose, depuis 2015, d'une chargée des relations entreprises qui vient renforcer le travail des quatre conseillers en insertion professionnelle. « Notre force est de placer des jeunes, certes peu qualifiés, mais volontaires pour s'en sortir et surtout pleinement recadrés en terme de respect des horaires, de propreté sur le poste de travail, de vie en collectivité, etc. Le principe plaît à beaucoup de patrons qui se retrouvent dans nos valeurs. Les retours sur le terrain sont extrêmement bons. »

Vers une communauté de patrons ambassadeurs

Pour mieux faire connaître le dispositif, Laurence Zellner réfléchit, en 2017, à la mise en place d'une association des usagers de l'Epide. « L'idée est de créer une communauté de dirigeants ambassadeurs chargés de nous aider à promouvoir notre structure. C'est à la fois un moyen d'aller chercher de la taxe d'apprentissage, qui assure une partie de nos financements, mais aussi pour trouver des futurs terrains de stages ou d'emplois pour nos jeunes. »

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