Les énergies en Haute-Normandie sont un secteur économique qui compte. Il suffit pour s'en persuader d'égrener les noms des membres fondateurs de la filière énergie mise sur pied en septembre dernier: Edf, ExxonMobil, GdF-Suez, Total ou encore Poweo ont décidé de se regrouper pour devenir «un interlocuteur connu et reconnu auprès des collectivités et des services de l'État», explique Éric Neyme, délégué régional d'EdF et président de l'association Énergies Haute-Normandie. La filière représenterait près de 10.000 emplois directs dans la région. Une bonne raison, pour les initiateurs de ce projet, «de nous organiser pour faire en sorte que les entreprises restent. Elles drainent un savoir-faire et apportent de la richesse qui génère des emplois, sans compter l'impact en termes de notoriété», expliquait Éric Neyme pour justifier le lancement de la filière. Un état de fait dont bon nombre d'élus régionaux semblent convaincus, même si la création de la filière n'a pas toujours fait l'unanimité. Difficile en effet pour les élus Verts de cautionner la constitution d'une association regroupant les principaux acteurs du nucléaire et des énergies fossiles!
Terminal méthanier d'Antifer, EPR à Penly, parc éolien offshore des Deux Côtes au large du Tréport... Voilà trois exemples éloquents de ce que pèse le secteur énergétique dans la région, et plus particulièrement en Seine-Maritime. Trois projets qui soulèvent des interrogations sur la politique énergétique régionale (et nationale!) et suscitent l'hostilité d'une partie des élus locaux.
Dossier réalisé par Guillaume Ducable et Sébastien Colle