Emploi : Les agences nantaises en plein «mercato»
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Emploi : Les agences nantaises en plein «mercato»

Les mouvements croisés de hauts profils s'accélèrent dans les agences nantaises. Visite dans les coulisses d'un «mercato» que semble aviver la crise.

Ça bouge dans les bureaux des agences nantaises de communication et de publicité, où l'on observe depuis quelques mois une accélération sensible des mouvements touchant des postes de direction. Un phénomène plutôt atypique sur un marché nantais dont certains regrettaient depuis plusieurs années un relatif immobilisme, jugé peu propice à stimuler une remise en question créative ou commerciale. Qui a donc donné un coup de pied dans la fourmilière? Pour beaucoup, la crise ne serait pas étrangère à ces mouvements. «Cette période économique tendue crée des tensions relativement lourdes dans nombre d'agences. Cela peut déboucher sur des visions stratégiques à court terme très axées sur le gain immédiat de résultat. Du coup, les collaborateurs peuvent ne pas s'y retrouver, et se laisser séduire par des projets de longue durée, souvent présents chez les indépendants. Cela nous ouvre des perspectives pour les mois à venir», estime Thierry Quillier de Pixels, dont l'agence a été une des plus actives ces derniers mois sur le plan du recrutement. Depuis le début de l'année, elle a en effet fait passer de deux à cinq collaborateurs les rangs de ses directeurs conseils, en accueillant Thierry Domercq (55 ans, ex G et A Links) et plus récemment Sylvain Machard (31 ans, jusque-là directeur conseil chez Euro RSCG 360 à Nantes).




La fin de l'âge d'or ?

Cet exode des grands acteurs est commenté un peu plus acidemment par un autre intervenant. «Certains avaient rejoint les grosses structures car, au vu de leur croissance des dernières années, elles étaient très intéressantes sur le plan de la rémunération et cela faisait passer plus facilement une certaine pression. Aujourd'hui, alors que cette pression arrive à son paroxysme avec la crise et que les perspectives d'évolution salariales sont moindres, il est plus tentant d'aller vers des structures où l'obsession du résultat n'est pas aussi forte. De plus, certaines agences actrices du mercato se développent fortement, ce qui permet d'y bénéficier de perspectives intéressantes», explique-t-il sous le couvert de l'anonymat.




Nouvel appel d'air

Autre élément qui a donné de «l'air» au marché: la réorganisation menée depuis plusieurs mois, et apparemment encore en cours, par G et A Links, la plus grosse agence indépendante du grand Ouest, de plus en plus focalisée vers les dispositifs interactifs et numériques. Tout cela a débouché sur une vague significative de départs de hauts profils. Outre Pierre Domercq, le directeur conseil Henri Gorenbouh (voir page3) a ainsi retrouvé un employeur chez Eluère et Associés. Assurant que chaque poste serait remplacé, Alban Roy, le dg de G et A Links a depuis concrétisé plusieurs arrivées. Et si elle a puisé dans le réservoir «extérieur» en officialisant récemment l'arrivée de David Chauvet, en provenance de Teleperformance, au poste de directeur de clientèle conseil et formation, l'agence a également commencé à recruter «nantais». Elle a ainsi pourvu un poste de directeur conseil via l'arrivée de Stéphane Clémot, jusque-là salarié de LM Y & R à Nantes. Un nouveau mouvement qui laisse penser que le jeu des chaises musicales pourrait encore battre son plein cet été.

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