Écoles : Un filon à exploiter pour les entreprises de Paca?

Écoles : Un filon à exploiter pour les entreprises de Paca?

À l'heure où le Président de la république Nicolas Sarkozy annonce le déblocage de 11mds d'euros dévolus aux universités françaises, où les forums de l'étudiant se multiplient dans la région et où la taxe d'apprentissage est collectée, la question d'un partenariat plus efficace entre le monde de l'école et celui de l'entreprise est plus que jamais d'actualité. Comment rapprocher ces deux univers traditionnellement éloignés? Et surtout, quels profits peuvent espérer tirer les dirigeants de PME locales de ce ?filon? encore souvent sous-estimé? Enquête de Didier Gazanhes et Alexandre Léoty

180.000: c'est le nombre total d'étudiants de l'enseignement supérieur en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Une population vers laquelle les entreprises lorgnent de plus en plus, même si, selon les filières et les secteurs d'activités, le rapprochement entre les deux mondes n'en est parfois qu'à ses balbutiements. Pourtant, les dirigeants de PME qui ont eu l'occasion de travailler avec de futurs diplômés, la plupart du temps sous la forme de stages ou de contrats en alternance, ne le regrettent pas. «La matière grise est la valeur ajoutée de notre entreprise, et ces dispositifs nous permettent d'attirer de réelles compétences, avec un objectif clair d'embauche à l'issue de la période d'immersion de l'étudiant», confie Thibaud Bussière, gérant de la société Neotys, basée à Gémenos. D'un autre côté, les universités et les écoles se mobilisent désormais pour séduire les entreprises. La récente réforme a en effet ajouté une nouvelle mission aux universités, après la formation et la recherche: l'orientation et l'insertion professionnelle. Des problématiques dont elles étaient jusque-là éloignées. «Les entreprises doivent être au coeur de notre métier. Pour être en phase avec le marché, nous devons prendre en compte leurs besoins. C'est dans un partenariat donnant-donnant que la relation École/Entreprises prend tout son sens», souligne ainsi David Brun, chargé du développement économique à l'école d'ingénieurs Isen de Toulon.




Faire naître des passerelles

Un travail de fond reste toutefois à faire pour permettre à l'école et à l'entreprise de multiplier leurs partenariats. «Ce sont deux mondes qui cohabitent, mais se connaissent mal et communiquent peu, estime Frédéric Fourquin, responsable du site sophipolitain de la société Galderma, et par ailleurs président du Club des dirigeants de Sophia Antipolis. Il y a un déficit criant en la matière. Même s'il faut faire le distinguo entre les écoles de commerce, qui ont compris depuis longtemps l'intérêt de travailler en partenariat étroit avec les entreprises, et qui les ont d'ailleurs intégrées à leurs systèmes de gouvernance, les écoles d'ingénieurs, qui s'impliquent de plus en plus dans ce type de démarche, et les universités, qui en sont souvent encore loin... Les formations doivent pouvoir se vendre, et doivent donc répondre à un besoin réel du tissu économique local». Pour Frédéric Fourquin, il est ainsi vital de faire naître des passerelles entre les différents établissements d'enseignement supérieur et les entrepreneurs. «C'est d'ailleurs ce constat qui a fait germer l'idée d'un Campus Stic, regroupant laboratoires publics et privés, entreprises, étudiants et chercheurs, dont la première pierre vient d'être posée dans la technopole de Sophia», glisse-t-il.




Un partenariat précieux

Car au-delà de cette ?manne? étudiante, l'école peut s'avérer être un partenaire précieux pour l'entreprise à bien d'autres titres. Incubation, transferts de technologies, ou encore mise à disposition d'équipements de recherche publics, de chercheurs et de doctorants: les liens peuvent être nombreux. Un argument qui conduit de plus en plus d'entreprises à choisir stratégiquement les établissements à qui elles reversent leur taxe d'apprentissage. «Les liens avec les entreprises doivent être de plus en plus étroits. Les dirigeants doivent nous parler de leurs problèmes afin que nous puissions voir quels types de solutions nous pouvons leur apporter: stages, prestations de recherche...», conclut Jean-Luc Allouche, ?monsieur entreprise ?de l'École Centrale Marseille.