Dominique Mirada : L'homme de l'affectio-territorialis

Dominique Mirada : L'homme de l'affectio-territorialis

Retour aux sources nordistes pour le nouveau directeur régional de la Caisse des dépôts et consignations. Également délégué local du Fonds stratégique d'investissement (FSI), adepte de l'ingénierie public-privé de terrain, Dominique Mirada veut mettre plus d'affectio-territorialis et de partenariat dans le business.

Le Nord - Pas-de-Calais, il connaît. D'abord pour y avoir fait ses études, mais aussi pour y avoir débuté et mené sa carrière, ponctuée par des escapades à Paris et dans l'ouest d'où il revient. Dans sa «région d'adoption», Dominique Mirada a eu plusieurs vies mais un seul leitmotiv: le terrain. Ce Nantais, de retour de Rennes, s'est très impliqué dans le milieu social et sociétal. C'est son côté bon père de famille, jovial avec son air de Claude Brasseur.




Animateur et organisateur Il a commencé à travailler à 17ans. Après plusieurs emplois vacataires, il devient animateur socioculturel et se passionne pour la politique de la ville, dans toute son humanité. C'est lui qui a ouvert et dirigé le centre social Armand-Carrel à Lille. «J'ai pratiqué la politique de la ville in situ», sourit-il. Aujourd'hui, c'est du haut d'Euralille qu'il contemple la cité. Dominique Mirada met les avancées sociales, le paritarisme et l'humain au coeur de «son» système. Délégué général pendant 7ans de l'animation inter-comités d'entreprises (AICE) à Lille, de 1982 à 1989, il a notamment participé à la création de la carte de loisirs Cezam, devenue un puissant réseau national qui accompagne toujours les CE.

Saut d'obstacles Aujourd'hui, à la tête de la Caisse des dépôts et consignations en région, il a encore à coeur d'épauler le tissu économique local et de booster l'entrepreneuriat pour tirer vers le haut sa région. Ancien sportif de haut niveau, recordman junior de steeple à l'époque où il était en équipe de France, il a gardé une hargne intacte et une carrure d'athlète. Les obstacles ne l'effraient pas, encore moins les a priori. Il en a fait sauter, notamment entre public et privé, que cet «avocat des partenariats» réussit à asseoir à la même table quand il s'agit de développement économique. Adepte de l'ingénierie financière, il apprécie tout autant le management de projets. En 1988, il a même créé une société spécialisée dans ce domaine, NPC pour Nord Projet Consultant, cédée depuis. Deux ans plus tard, Dominique Mirada fait son entrée dans le groupe Caisse des dépôts et consignations. Au sein du réseau des Sociétés centrales pour l'équipement du territoire (Scet), à Arras, il débute comme responsable des études et du développement de la Sepac.

Retour à la «Caisse» départ Ses talents d'animation et d'organisation lui font gravir les échelons. En 1994, il part à Paris animer le réseau habitat des directions régionales de CDC. Puis successivement directeur de la production bancaire, du développement économique et du pôle d'appui au développement, il est revenu une première fois à Lille en tant qu'adjoint au directeur régional de la Caisse de dépôts. Il en prend aujourd'hui les rênes, après avoir exercé ce poste en Bretagne, autre région qu'il apprécie pour son «identité géographique et culturelle». Dominique Mirada aime aussi particulièrement accompagner la création, la croissance et l'innovation et l'aide au montage de sociétés de capital-risque et de fonds d'amorçage. C'est d'ailleurs tout naturellement qu'il assure, de 2003 à 2006, la direction générale de la filiale Batixia, outil efficace d'investissement 100% régional. Un symbole de concertation entre le conseil régional (actionnaire à 34%), CDC (25%), Batixis (groupe IRD) et la Caisse d'Épargne Nord France Europe.

Pionnier du partenariat Dominique Mirada apprécie le travail sur ces «nouveaux concepts», en l'occurrence issus de la loi SRU pour une nouvelle forme de partenariat public-privé. «DG de Batixia, et avec Jean Badaroux, DG de la SEM Ville Renouvelée, nous voulions lutter contre une certaine latence entre les projets des élus et le moment où les citoyens voient leur traduction», confie-t-il. «Quand nous créons un véhicule commun d'investissement, nous créons de l'affectio-territorialis.» Cette valeur doit, à ses yeux, avoir «le même poids que l'affectio-societatis».

Géry Bertrande