Dominique Ledun : Force d'engagement

Dominique Ledun : Force d'engagement

Chef d'entreprises, responsable au Medef des Hautes-Falaises de Fécamp, père d'Accent, une action destinée à aider les repreneurs d'entreprises, élu à la CCI de Fécamp, Dominique Ledun est depuis de nombreuses années l'un des pilliers du développement de son territoire.

Aider des entrepreneurs à démarrer ou reprendre une entreprise, c'est le credo de Dominique Ledun: «Quand je suis devenu président du Medef des Hautes-Falaises de Fécamp en 2000, j'ai fait le constat que notre mouvement était souvent dans la défense des entreprises. Pour moi, il fallait faire plus que ça, devenir acteur. C'est le sens de la création d'Accent». L'accompagnement des entrepreneurs (Accent), une vocation qui débute dès 2002 pour Dominique Ledun par la création de «Mélodie» avec: «Quelques amis», afin d'aider à démarrer ou reprendre des entreprises. «Nous n'avons pas fait que de bons investissements, mais ça fonctionne, et uniquement sur des investissements en région». L'aventure Accent démarre en 2004 par un club de repreneurs à Fécamp. Depuis, deux autres clubs se sont montés auHavre et à Rouen, et Accent vient de fêter son cinquantième repreneur. «Accent, c'est une action importante car on a aidé des entreprises et cela concerne 700 emplois. On ne l'a pas fait tout seul, la DDE, le FSE, puis la Drire et le Feder et la CCI duHavre nous ont aidé, mais nous avons été le facilitateur. L'idée, c'était de sortir des discours et de passer à l'acte».




Transmission familiale

Le goût d'entreprendre, c'est de son père qu'il l'apprend, dans le milieu du négoce de poisson: «Un métier difficile avec beaucoup de stocks et la nécessité de crédits bancaires importants. Mon père était un industriel qui travaillait beaucoup et était autoritaire, mais dans le bon sens du terme». Et de l'autorité, il en faudra au responsable des établissements Ledun-Levasseur, également juge au tribunal de commerce, pour inciter son fils Dominique à travailler. Car celui-ci n'aime pas l'école, et reconnaît volontiers avoir un caractère difficile, encore aujourd'hui: «J'ai été très mauvais, et comme je travaillais mal, tous les étés, mon père me faisait vider les cuves des morutiers. J'avais les mains gonflées par le sel, et cela m'a occasionné plusieurs étés difficiles». Dominique Ledun quitte l'école à dix-sept ans pour entrer en apprentissage chez un ami peintre de son père. Après l'obtention de son CAP de peinture en 1967, il effectue son service militaire chez les chasseurs alpins où il apprend: «Le goût de l'effort», avant de rentrer auHavre pour créer sa première entreprise de peinture en 1971. «Là encore, mon père est important, car il m'a fourni les statuts, les capitaux, et m'a imposé un associé!» La confiance de son père est relative et il lui met la pression. Deux ans plus tard, l'associé, fatigué de son impétueux collègue, est parti, et Dominique Ledun se retrouve seul à la barre: «J'avais des idées bien précises, et de toute façon, on ne se supportait plus». Pendant plus de dix ans il va apprendre son métier et rester prudent: «En partie à cause des mises en garde de mon père», mais aussi des crises de 1973, de 1988 et de 1993: «Certainement la plus dure. Pour moi, la crise d'aujourd'hui, c'est déjà la quatrième dans ma carrière». Aujourd'hui, la société Ledun compte 48 salariés pour un chiffre d'affaire de 5M€.




Fécampois dans l'âme

Amoureux de la côte normande, Dominique Ledun n'aime rien tant que partir sur son bateau, ancré à Fécamp, pour la plaisance ou une partie de pêche. «Je suis Fécampois dans l'âme et j'aime sortir en mer, c'est la liberté, même si là aussi, les espaces de liberté se réduisent. La mer, c'est un point de repère, un endroit où je suis bien». Son territoire de Fécamp, il le bichonne, s'y implique depuis plus de vingt ans, via notamment la CCI, où il fut deux fois vice-président et dont il est membre du bureau et président de la commission des finances. «Je m'occupe d'une action GPEC. Nous aidons les entreprises à gérer leurs emplois et compétences et en échange ils nous renvoient anonymement leurs statistiques. Une action que nous sommes en train de transférer aux CCI duHavre et du pays d'Auge. Un outil très instructif pour connaître les besoins à venir par filières». Pour la suite, la relève semble assurée avec ses quatre filles, dont l'une travaille déjà à ses côtés et les deux plus jeunes: «Posent déjà des questions».



Sébastien Colle