L'idée lui est venue des États-Unis. Raphaël Hautière, directeur général de Destrudata, a créé son entreprise en 2004, après un stage en gestion outre-Atlantique. «J'ai vu un camion broyeur s'arrêter en bas de l'immeuble où je travaillais et détruire les documents d'une société pharmaceutique, se souvient le patron breton. En rentrant en France, quand j'ai vu ma mère brûler des vieux papiers, j'ai eu un déclic». À l'époque en France on ne parlait pas beaucoup d'usurpation d'identité ou d'espionnage industriel. Raphaël Hautière se lance quand même dans ce marché de niche, en association avec son père, Christian Hautière. Destrudata compte aujourd'hui 1.500 clients à travers l'Hexagone. Des entreprises de tous les secteurs, du militaire à l'industrie pharmaceutique en passant par le textile... Avec une croissance de 50% par an, l'entreprise a pris une autre dimension. Au printemps dernier, elle s'est installée dans de nouveaux locaux, et a investi pour accentuer sa position en faveur de l'environnement.
Papier recyclé
Le principe même de Destrudata s'inscrit dans une logique de développement durable. En effet, trois camions broyeurs se déplacent sur le site des clients pour récupérer des supports papiers ou électromagnétiques et les détruire par broyage confidentiel, sur place pour éviter de rompre la chaîne de confidentialité des documents. Destrudata met à disposition au sein de l'entreprise des meubles fermés à clé, avec fente, pour y glisser les documents à détruire. «Une fois le camion plein (5 tonnes), les petits bouts de papier au format timbre-poste sont vidés dans des centres de transfert, chez des recycleurs, qui reforment des balles destinées aux papetiers», explique Raphaël Hautière. Pour l'environnement, c'est mieux que l'incinération, et l'entreprise peut faire valoir l'utilisation de ce procédé dans sa démarche Iso 14.001. Destrudata elle-même s'inscrit dans cette démarche environnementale. «Nous utilisons du papier recyclé, nos camions ont la norme Euro5 EEV, cite Raphaël Hautière. Nous rajoutons aussi une enzyme naturelle Xbee à notre gasoil. Cela réduit les émissions polluantes de 12,7% en moyenne, et fait baisser la consommation. Ce qui est bon pour notre image de marque».
Une huile biodégradable
Enfin, depuis avril, Destrudata a investi dans une huile hydraulique biodégradable et non toxique. Elle sert à faire fonctionner le moteur hydraulique qui, couplé avec la force moteur du camion, actionne le broyeur. «Chaque camion contient 300l d'huile. Si un flexible casse, tout se déverse en une minute! Si on pollue un site, à nous de payer la dépollution, et la facture peut être élevée». Destrudata a ainsi opté pour cette huile qui a une durée de vie égale à celle du camion. Plus besoin de faire de vidanges. «Avec elle, on s'approche de la green machine», justifie Raphaël Hautière. Avec ses camions nouvellement équipés, Detsrudata part vers de nouveaux marchés. «Nous pouvons détruire tout support d'information, du papier au classeur en passant par des disques durs, des cartes mères, des plaques offset (pour lutter contre les contrefaçons) et bientôt des verres de lunettes».
Destrudata
(La Selle-en-Luitré) DG: Raphaël Hautière Président: Christian Hautière 10 salariés www.destrudata.com