La naissance de ce pacte part d’un constat : Saint-Nazaire enregistre le taux de chômage le plus élevé de Loire-Atlantique avec 9,1% de chômeurs, largement au-dessus de la moyenne régionale de 8,5%, alors que les donneurs d’ordres locaux tels que STX, Airbus ou Total, aux carnets de commande plein jusqu’en 2025, peinent à recruter. Selon la ministre du Travail, la filière navale pourrait ainsi avoir besoin de recruter 400 personnes cette année, rien qu’à Saint-Nazaire.
"Le réflexe du travail détaché"
« Les demandeurs d’emplois locaux subissent une sorte de supplice de Tantale, en constatant les succès de notre industrie navale, sans pouvoir en bénéficier », a commenté Myriam El Khomri ce jeudi matin, depuis le salon Euromaritime à Paris. « Disons le très clairement : la filière a parfois le réflexe de se tourner vers le travail détaché pour répondre à un pic de commandes », a-t-elle poursuivi.
Pour résoudre ce problème, elle vient de signer un pacte avec le maire de Saint-Nazaire David Samzun, le préfet de Région Henri-Michel Comet, le président du Conseil régional Bruno Retailleau, ainsi que le directeur territorial de Pôle Emploi et le directeur adjoint de la Dirrecte. Quelques entreprises du cluster Neopolia sont aussi signataires du pacte. Il s’agit d’anticiper les besoins en recrutement de la filière et de former les demandeurs d’emploi aux métiers liés à la construction navale.
La CGT et FO sont contre
Mais la mesure phare de ce pacte qui est censée encourager les donneurs d’ordre à embaucher des Nazairiens, c’est l’accès simplifié au CDI de chantier. La mesure, qui nécessite l’accord de tous les syndicats, est pour le moment rejetée en bloc par la CGT et FO. Les négociations sont toujours en cours.
Le contrat de chantier est surtout utilisé dans le BTP, dans le cadre de la réalisation de chantiers. Pour simplifier, il s’agit d’un gros CDD dont on ne connaitrait pas précisément la date de fin du contrat, ou un CDI dont le processus de licenciement serait allégé. Concrètement, l’employeur engage un salarié pour une mission précise dont la durée ne peut être préalablement définie avec certitude. La fin de cette mission vaut pour motif de licenciement.
Le pacte territorial signé vise à accompagner les entreprises du cluster Neopolia et les acteurs locaux du secteur naval qui souhaitent utiliser ce contrat de travail " dans la recherche de la voie conventionnelle qui permet de cadrer le processus ", indique le pacte. « Une plateforme de mobilité sera mise en place permettant aux salariés en fin de CDI de chantier de bénéficier d’un accompagnement adapté pour être orienté dans leur recherche d’emploi », a par ailleurs précisé la ministre du Travail. Encore faudrait-il que le pacte soit entériné par la CGT et FO. Les négociations sont, à l'heure actuelle, toujours en cours.