Le Journal des Entreprises : Vous achevez un mandat de trois ans, quel bilan en tirez-vous ?
Pierrick Collet : Je me suis attaché à créer un rapprochement de proximité, plus de liens, que ce soit avec les adhérents, les élus, les services de l’Etat et d’autres structures présentes sur chaque territoire, comme les Maisons de l’emploi. Une valeur me tient particulièrement à cœur, c’est l’Humain au cœur de l’écosystème. Il est important de continuer à la faire vivre. La défense de l’emploi et de la formation sont deux autres combats que nous menons. Nous avons aujourd’hui beaucoup plus d’élus et de clients sensibles aux efforts de responsabilité sociétale «RSE» de la part de nos entreprises. Je suis un fervent défenseur de l’éthique et ces valeurs et convictions ne sont pas que celles d’un président mais portées par l’ensemble de notre conseil d’administration. Nous défendons un modèle économique vertueux, qui va souvent à l’encontre du système court-termiste.
Ces efforts payent-ils à l’égard du BTP, notamment en termes de prix, de travail dissimulé, etc ?
P.C. : Aujourd’hui, l’élu a un regard bienveillant et davantage de sensibilité à nous considérer, avec le réflexe de nous solliciter. Nous avons fait un gros travail pédagogique et pu mesurer un renouveau. Il leur faut comprendre que derrière un prix bas, il y a de l’esclavagisme ! Quand c’est porté par un donneur d’ordre public, c’est inadmissible. Et les dérives sont toujours là en nombre. Aujourd’hui, aucun maire peut me dire qu’il ne savait pas... On ne demande pas que tous les chantiers soient contrôlés, mais que les contrôles aillent assez loin dans l’investigation. L’inégalité se cache dans le nombre d’heures effectuées, dans les contrats de travail de 20 heures par semaine...
Pourquoi pas un nouveau mandat ?
P.C. : Parce que le mandat que je termine a été intense et plein - notamment d’élections -, mais fait avec bonheur, enthousiasme et beaucoup de passion. Il faut savoir se contenir. C’est quand même trois ans ! Je ne voulais pas faire le mandat de trop... Quel qu’il soit, mon successeur défendra les mêmes valeurs. Nous vivons une mutation de société, notamment avec de nouveaux élus sans doute moins déconnectés. Il y a une forme d’espérance qui renaît, avec un peu plus de dialogue à créer. Nous sommes un secteur structurant pour les territoires et leur devenir. Il faut créer plus de passerelles entre nos entreprises et les collectivités.
(*) à ce jour, le dirigeant malouin Xavier Champs (Siam Agencement) est le seul candidat à sa succession, prévue le 10 juillet.