Spécialisé dans les domaines de l’électronique embarquée, du logiciel applicatif et de la conception mécanique, Advans Group (1 200 collaborateurs, CA : 85 M€) vient d’installer ses équipes – un peu plus de 200 ingénieurs – entre les pins, dans 2 600 m2 de bureaux flambant neufs et lumineux, avec vue mer, au sein du programme Cor Natura, à Sophia Antipolis.
De l’importance du bien-être au travail
Pour Radomir Jovanovic, son fondateur et président, ce changement marque "l’entrée dans la deuxième phase de notre développement", après avoir passé des années à Vallauris, dans des locaux devenus clairement obsolètes. "Notre modèle change, reprend-il. Il y a dix ans, les sociétés de services travaillaient essentiellement sur le site du client. Aujourd’hui, on travaille essentiellement chez nous. On a donc de plus en plus de mètres carrés. Et le bien-être au travail, c’est important, on y passe la moitié de notre vie."
Important aussi pour attirer et conserver les talents. Bien que cela soit devenu plus simple depuis un an, confie Radomir Jovanovic. "Le marché a changé. Il a beaucoup moins d’opportunités pour les candidats."
De nouvelles acquisitions en vue
Le recrutement reste un enjeu majeur pour le groupe qui veut doubler sa taille d’ici à trois ans, s’appuyant sur une croissance organique annuelle de 10 %. Mais qui peu à peu s’ouvre à de la croissance externe, encouragée peu à peu depuis 2023 et l’entrée à son capital du fonds d’investissement français Azulis Capital (à hauteur de 25 %). "Cette croissance externe se fait soit dans des régions où nous voulons nous renforcer, comme à Valence l’an dernier, soit pour acquérir rapidement des savoir-faire que nous n’avons pas, comme l’IA. On a plusieurs dossiers en cours de discussion. J’espère que 2026 sera aussi une année d’accélération à ce niveau-là."
Né à Paris en 2001, Advans s’est implanté à Sophia Antipolis dès l’année suivante. Il n’y avait alors qu’Elsys Design, spécialiste de la conception des systèmes électroniques et logiciels, l’une des trois entités qui composent le groupe désormais, aux côtés d’Avisto, société d’ingénierie logicielle également présente à Aix-en-Provence, et de Mecagine, dédié à la mécanique des structures et des systèmes. Il compte ainsi une dizaine d’implantations (12 700 m2) en France, en plus de ses sites en Serbie, aux États-Unis et au Portugal.
Des clients fidèles
À Sophia Antipolis, le groupe mène des activités "de développement logiciel, de DevSecOps, c’est-à-dire de cybersécurité associée au développement informatique, de développement électronique. Nous menons différents projets pour le design du circuit intégré pour certains clients. Il y a également le développement de l’activité militaire".
Advans compte parmi ses clients, tout ce que la technopole compte de grandes entités (NXP, Amadeus, Airbus, Thales…). Mais ici, la discrétion est une valeur capitale. Sur les portes des bureaux ne figure aucun nom de client, mais leur secteur : "médical", "automotive", "microélectronique"…
Sur un marché très concurrentiel, "nous n’avons jamais perdu un seul client", sourit Radomir Jovanovic qui souligne "la très forte valeur ajoutée technique" du groupe. "Cette technicité est vraiment notre valeur ajoutée face à nos concurrents qui sont souvent de grandes sociétés de services généralistes."
Un environnement économique français trop "incertain"
Malgré ses ambitions en France, c’est par-delà les frontières que regarde aujourd’hui Radomir Jovanovic qui a des projets en Italie et dans un second pays européen pas encore identifié, sans doute dès 2026. "Je pense sincèrement qu’il faut se diversifier en Europe, car l’environnement économique français est quelque peu incertain, conclut le président. Il y a un attentisme, des projets qui ne démarrent pas, d’autres chez nos clients qui sont repoussés. Et on ne sait pas combien de temps ça va durer."