La voiture à pile rechargeable a connu tellement de vicissitudes qu'Hervé Borgoltz peut aujourd'hui, à l'heure où son principe tend à s'imposer, féliciter la persévérance de DBT (Douaisienne de Basse Tension), pour y avoir cru depuis le début. Reste encore à se retrousser les manches face à l'immense marché qui est en train de s'ouvrir. C'était l'été dernier. Le gouvernement officialisait son plan pour réduire les émissions de carbone dans l'atmosphère. Parmi les pistes privilégiées, figurait en bonne place le soutien au développement d'un parc automobile décarboné pour que celui-ci atteigne 2millions d'unités d'ici à 2020.
Le transformateur
Il y a seulement 20 ans, Hervé Borgoltz reprenait l'activité de la SADTEM pour créer DBT. «Après une formation à l'Edhec Lille puis à l'Insead à Fontainebleau, je suis devenu directeur à l'international pour cette entreprise qui est devenue quelques années plus tard le groupe Atos», se souvient l'entrepreneur qui a finalement choisi de quitter Paris pour le Pas-de-Calais, avec l'idée de se mettre à son compte. «J'ai préféré être petit mais chez moi», plaide-t-il. DBT travaille alors exclusivement pour EDF en concevant des transformateurs électriques. «Je n'y connaissais vraiment rien, admet Hervé Borgoltz. Mais si j'avais été ingénieur, je ne pense pas que j'aurais insufflé autant de changements.»
La diversification
Conscient du danger d'être dépendant d'un seul client, le dirigeant engage très vite sa société sur la voie de la diversification. Il voit notamment dans le développement des premiers véhicules électriques une véritable aubaine. Grâce à sa relation privilégiée avec EDF, il commence alors à signer des contrats avec différentes villes, dont Paris ou encore LaRochelle et Bordeaux, afin de les équiper en bornes de rechargement pour véhicules électriques.
Années de disette
Dans le même registre, Hervé Borgoltz développe tout un catalogue de dispositifs, escamotables ou non, de distribution d'énergie dans les espaces urbains, ainsi que des bornes de contrôle d'accès qui fleurissent depuis plusieurs années dans les quartiers urbains semi-piéton. C'est en particulier grâce à ces deux types de produits que DBT a pu survivre les années de disette provoquées par l'enlisement des projets de véhicules électriques. Ils représentent désormais 75% du CA de l'entreprise.
La consécration
«Les grands constructeurs n'ont pas voulu y croire», résume Hervé Borgoltz. La nécessité leur a finalement donné tort, pour le plus grand bonheur de DBT qui se trouve désormais à l'avant-garde d'une révolution industrielle embrayée par le succès commercial de la Toyota Prius. De fait, le groupe automobile japonais fait d'ores et déjà confiance à DBT pour assurer le rechargement de ses véhicules. À la tête d'une entreprise qui a mis en activité plus de 4.000 bornes de rechargement de voitures électriques partout en France, Hervé Borgoltz s'invite désormais à la table des négociations comme le leader européen dans son secteur.
Alors que le gouvernement voudrait atteindre, d'ici à 10 ans, 2millions de véhicules «décarbonés» sur les routes, la Douasienne de Basse Tension a le vent en poupe. Cette PME implantée à Brebières s'est taillée au fil des années une solide réputation dans la fabrication des bornes de rechargement pour véhicules électriques.