Cryolog : «Le marché commence à être porteur»
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Cryolog : «Le marché commence à être porteur»

En retard sur ses objectifs, la société nantaise, qui fabrique des étiquettes fraîcheurs, compte sur un nouveau positionnement marketing et les marchés internationaux pour atteindre l'équilibre en 2010.

Pierre Peteuil ne le cache pas, la crise économique a durement touché Cryolog, qui fabrique des étiquettes utilisant un procédé biologique qui indique aux consommateurs si leurs produits alimentaires sont frais ou non. «Notre produit avait du mal à percer à cause de la conjoncture. Dans la grande distribution, les priorités ont changé. Il est plus question du pouvoir d'achat que de problématiques sanitaires», explique l'ancien responsable de l'industrialisation de la PME, devenu directeur général suite au départ fin 2008 du fondateur Renaud Vaillant. Conséquence: Cryolog a engrangé en 2008, 800.000€ de chiffres d'affaires, alors que ses dirigeants tablaient au début de l'exercice sur 2M€ de revenus. Outre le changement de direction, l'entreprise a pris ces derniers mois plusieurs mesures d'économie. L'effectif est ainsi passé d'une trentaine de collaborateurs à douze personnes tandis que le siège social a été transféré de Paris à Nantes, où cette PME avait implanté son centre de production fin 2007. Dans cette période difficile, Cryolog peut tout de même compter sur le soutien de ses quatre investisseurs historiques. Détenteur de 90% du capital, Inventages, Bioam, Innoveris et SGAM AI sont en passe de réinjecter 3M€ (1,5M€ déjà levé). Il faut dire que l'entreprise s'est réorganisée pour être plus active sur le plan commercial, quitte à mettre en stand-by certains programmes de R & D. Cela s'est traduit par des premiers pas à l'international. Cryolog a ainsi remporté son plus gros contrat avec un distributeur américain pour la commercialisation de ses étiquettes en Corée du Sud. Un contrat qui «suffirait à assurer le point mort», assure Pierre Peteuil. Reste que le projet est aujourd'hui «un peu décalé, la Corée subissant de plein fouet la crise économique». Outre l'Asie, Cryolog se tourne vers l'Allemagne et la Turquie, où des tests sont en cours, ainsi que vers l'Espagne, l'Argentine ou les pays scandinaves.




Un même produit, plusieurs approches marketing

Cerise sur le gâteau, le marché français «commence à redevenir porteur», assure le directeur général qui espère s'ouvrir les portes en septembre d'un groupe de 150 magasins. Ce regain d'intérêt pour les étiquettes du Nantais est en partie généré par une nouvelle approche marketing. «Il a fallu positiver notre message. On se positionne aujourd'hui en France comme un plus produit et non plus en tant que policier de la chaîne du froid». Le messagepeut en fait changer en fonction de la culture des pays. En Corée par exemple, l'argument sécurité séduit, car la confiance des consommateurs dans la chaîne du froid n'est pas optimum. En Angleterre, en revanche, l'étiquette fraîcheur est davantage perçue comme un moyen de moins jeter à la poubelle les aliments, l'opinion publique ayant outre-Manche été marquée par de récents rapports indiquant que 10% des aliments achetés sont finalement jetés par le consommateur. Ce positionnement très en phase avec les préceptes du développement durable représente l'avenir pour Pierre Peteuil. Celui-ci table sur 800.000€ de revenus cette année. Soit le même montant qu'en 2008, mais l'exercice avait été gonflé par un contrat de sous-traitance portant sur la fabrication d'emballages pour une société de cosmétique. Surtout, le directeur général compte devenir bénéficiaire à la fin 2010.

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