«De l'argent il y en a! Il est à la disposition des entreprises et des salariés». Le patron de l'UIMM Bretagne Thierry Troesch, comme tous les acteurs signataires il y a six mois d'une ?Charte filière automobile en Bretagne?, a tenu à répéter le message à plusieurs reprises. Pour éviter la casse sociale, la formation a son rôle à jouer.
20M€ disponibles
«Le conseil régional abonde les dispositifs de formation existants de 15M€, rappelle le président de Région Jean-Yves Le Drian. Nous avons surtout décidé de créer un nouveau dispositif qui est le chèque reconversion. Il permet d'avoir une aide de 3.050 € pour financer son dispositif de formation.» Un fonds qui s'ajoute à ceux déjà débloqués par l'État. «Si on veut préparer l'avenir, c'est en donnant la capacité individuelle et collective à chaque salarié pour maîtriser son destin, souligne à son tour Jean Daubigny, préfet de Région. Nous avons un budget actuel de formation de 6,660M€. 1,270M€ a été engagé. Il y a donc actuellement 5,390M€ de disponible pour cela!» À ce jour, 7.500 salariés de la métallurgie, dont un tiers dans l'automobile, ont profité de cette manne. L'équipementier Cooper-Standard Automotive, à Vitré (700 emplois, CA de 80M€), fait partie des entreprises concernées. Un site qui a enregistré jusqu'à deux semaines de chômage partiel par mois. «Pour tout le monde, c'est difficile à vivre. Mais c'est du temps disponible pour la formation, affirme Guillaume Gentil, RRH chez Cooper. Nous avons fait de cette période une opportunité.»
Les syndicats de salariés solidaires
Objectif pour l'entreprise: «travailler sur la flexibilité, la polyvalence, résume le RRH. Il s'agit d'un plan de formation de 70h par salarié et par an», soit 46.000heures au total. Un investissement pour le long terme. Car «lorsqu'une entreprise dépose le bilan, ce sont des salariés et des compétences qui sont définitivement et structurellement perdus», souligne Thierry Troesch. Un discours auquel souscrivent les syndicats de salariés signataires de la charte (CFDT, CFE CGC, FO et CFTC). «Les organisations syndicales ne peuvent qu'adhérer à cette démarche, confie Gilbert Langlamet, porte-parole des syndicats. Les salariés doivent aller voir leur employeur qui, bien souvent dans les entreprises de moins de 500 salariés, est leur compagnon de route de tous les jours».
Face à la crise du secteur de l'automobile, UIMM, État et Région se mobilisent pour abonder les fonds de formation. Le message à destination des chefs d'entreprises est clair: profitez-en!