Au second trimestre 2014, 477 créations d'établissements sont recensées au registre de commerce et des sociétés du Morbihan soit une hausse de 6-7 % par rapport au premier trimestre 2014. Mais ce regain ne parvient pas à compenser la baisse observée en ce premier semestre 2014, en comparaison au premier semestre 2013. Le recul est de 6 % avec 982 créations d'entreprises sur cette période en 2013 contre 924 en 2014. Par secteurs d'activités, les situations sont diverses. Dans les services, la baisse est de 8 % par rapport au premier semestre 2013. Le commerce suit la même tendance avec 33 créations de moins qu'il y a un an. En revanche, l'éclaircie vient du secteur de l'industrie et du BTP.
« Des dossiers mieux bâtis »
« Si la fin d'année est encourageante, nous observons également que les dossiers sont mieux préparés, mieux bâtis. Même si une entreprise, c'est souvent une seule personne à ses débuts, il faut s'entourer de compétences car partir seul, c'est courir assurément à l'échec », a commenté Jean-Pierre Bothua, chef d'entreprise et président de la commission création à la CCI. Sur le plan de la reprise d'établissements, les indicateurs sont meilleurs avec 397 sociétés reprises au premier semestre 2014 contre 352 entre janvier et juin 2013. Et dans leurs projets de reprise, 50 % des futurs entrepreneurs optent pour un commerce. Et derrière toute création, toute reprise, il y a l'effet accompagnement comme l'expose Ivan Travais. « Cet effet réseau, il est multiple. Moi, je suis franchisé WSI, une entreprise canadienne. Nous aidons les entreprises à prospérer via internet. Mes premiers clients locaux ont été mes voisins dans la pépinière d'entreprises. »
L'union fait la force
Parfois, se glisser dans la peau d'un créateur était tout sauf prévu. C'est le cas de Catherine Radenac, l'une des trois co-dirigeantes de l'agence lorientaise d'Orignal Communication. « On travaillait ensemble depuis plusieurs années. Nous nous sommes retrouvés dans un contexte de changement, de licenciements. Nous avons fait le pari de nous lancer ensemble. » Deux ans plus tard, sur un secteur d'activités chahuté, le trio est en bonne voie. Ils ont acheté leurs propres locaux et se dégagent une rémunération. D'autres choisissent l'entrepreneuriat à plusieurs et l'entrepreneuriat engagé. C'est le cas de François Oger, à la tête de la biocoop la Belz'saison. « Nous sommes en Scop, ce statut coopératif tombait sous le sens pour moi avec des salariés entendus. Un associé égal une voix. Cela peut ralentir le processus de décision mais cela permet d'échanger en recherchant le consensus. »
Des passionnés
Prendre son temps, mûrir son projet et se faire accompagner, tel est le constat que fait Emmanuel Jubaut, des chantiers navals de l'Atlantique à Saint-Nolff. Le jeune dirigeant, qui devait reprendre avec un ami, a finalement tenté seul l'aventure. « On découvre parfois des réalités différentes en entrant dans le vif du sujet. Ma reprise date d'il y a quelques mois. Je suis encore un peu noyé mais la passion est là. Il en faut, je travaille 12 heures par jour, six jours sur sept. »
Si la création d'entreprises marque un peu le pas dans le Morbihan, la fin d'année est encourageante. La reprise ne connaît pas la crise. Tour d'horizon.