L'assureur social de santé et de sécurité au travail a rendu publics ses chiffres pour 2008 concernant les accidents du travail et les maladies professionnelles en Normandie. Avec un nombre d'accidents du travail mortels en diminution. Produits dangereux, chutes, souffrance au travail... Les accidents du travail et les maladies professionnelles (AT/MP) prennent de nombreuses formes. Chaque année la CRAM en fait la comptabilité et dresse un état des lieux de la santé en Normandie. Pour l'année 2008, les statistiques AT/MP dénombrent 37.296 accidents avec arrêts (dont 20.177 pour la Haute-Normandie), soit une baisse de 3,2%. Toujours en 2008, l'indice de fréquence des accidents avec arrêt atteint 41,1 pour 1.000 salariés, soit le plus bas niveau connu en Normandie. À titre de comparaison, cet indice était de 42,5 pour 1.000 en 2007 et de 55 pour 1.000 au début des années 90. En augmentation de +2,1%, le nombre de journées indemnisées dans les deux régions normandes atteint 1.835.353. Le nombre des accidents ayant entraîné une incapacité permanente est lui aussi en augmentation, alors qu'il avait diminué de -8% en 2007. Au total, pour l'année 2008, 28 accidents du travail mortels (dont 17 en Haute-Normandie) ont été reconnus contre 40 en 2007.
183 M€ en 2008
Pour 100.900 établissements et plus de 911.000 salariés en Normandie, 162 accidents du travail par jour sont comptabilisés, dont 11 graves. Parmi les principales causes d'arrêt du travail en Normandie, on trouve en première position la manipulation d'objets (40%), puis les accidents de plain-pied qui entraînent une chute de sa propre hauteur (32%) et les chutes de hauteur (10%). Signe encourageant, le coût des accidents du travail en Normandie a diminué en 2008, passant de 184M€ (2007) à 183M€. Mais pas de chiffres dans le domaine des risques psycho-sociaux, explique le directeur de la CRAM de Normandie, Jean-Yves Yvenat: «Ce sont des risques difficiles à détecter. Aujourd'hui, c'est un risque mal perçu. Ce qui est sûr, c'est que l'assurance-maladie voit ces chiffres augmenter».
Les maladies professionnelles
Pas de chiffres donc sur ces questions délicates qui ont récemment fait la une de l'actualité, par contre, on constate une augmentation constante des troubles musculosquelettiques (TMS): «Un phénomène que nous n'arrivons pas à enrayer», s'inquiète Yvon Creau, directeur du département «Risques professionnels» à la CRAM et qui insiste pour expliquer les chiffres sur: «La population au travail vieillissante et au fait que les gens sont aujourd'hui plus sensibles aux conditions de travail». Ainsi, les TMS, souvent liées a un travail répétitif sous contrainte de temps, représentent 57% des maladies professionnelles. Autre cas d'importance parmi les TMS, l'amiante avec 31% des maladies professionnelles: «La région connaît une grosse progression de ces maladies mais le pic a sans doute été atteint en 2006, dix ans après l'interdiction de l'amiante, puisqu'il faut dix ans pour déclarer une maladie liée à l'amiante». Autre source d'inquiétude pour la CRAM, les accidents routiers qui représentent encore la moitié des morts des accidents du travail, explique Jean-Yves Yvenat: «Le travail en flux tendu est souvent en cause, notamment avec les véhicules utilitaires légers». TMS, troubles psychosociaux, risque routier ou encore cancer professionnel, autant de chantier de demain pour la CRAM.
Sébastien Colle
www.cram-normandie.fr