Communication : Les agences prennent le virage du numérique
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Communication : Les agences prennent le virage du numérique

Les métiers de la communication ont eux aussi subi le virage numérique. L'immense majorité des agences propose déjà des services s'appuyant sur le numérique. Pourtant, certaines se lancent dans des niches, qui pourraient bien devenir les outils de communication de demain.



Pour l'enseignant-chercheur de l'Université Catholique de l'Ouest (UCO) d'Angers, responsable de la licence Info-Com, Stéphane Blocquaux, cela ne fait aucun doute : le numérique est une lame de fond qui fait évoluer à très grande vitesse notre rapport à la technologie. En particulier, celui des Digital Natives, la génération née dans les années 2000 et qui grandissent à l'ère du tout numérique. « Pour attirer leurs futurs employés et leurs clients de demain, les agences de communication ne doivent pas seulement s'adapter à Internet, elles doivent devancer la tendance, souligne-t-il. Ce n'est pas un effet de mode, elles n'ont pas d'autre choix que de s'engager sur cette voie. » Certaines agences de la région l'ont déjà bien compris. À l'image de Myoken, une agence basée au Mans et cofondée par Mickaël Marseul. « Dès 2006, nous avons orienté notre activité vers la communication digitale. Ce n'était pas encore évident, mais pour nous il était clair que l'avenir était là. » Après les blogs et les sites, viennent les premières applis de réalité augmentée. Aujourd'hui, l'agence propose à ses clients des solutions de communication ou de marketing. Elle a levé 65.000 euros de fonds en 2013 en vue des investissements matériels nécessaires à ce virage et a embauché en 2014 quatre personnes spécialisées dans les technologies liées à la réalité augmentée, ce qui porte à sept le nombre de salariés de l'entreprise. « Le marché digital classique est déjà saturé et nos solutions de communication et d'événementiel attirent les grandes agences pour qui nous sous-traitons souvent. Grâce aux casques et aux lunettes 3D par exemple, nous avons la technologie pour faire vivre au client ou au public une expérience d'immersion en réalité augmentée dans un lieu, dans un jeu ou pour visualiser le rendu d'un produit... »




En route vers l'Internet 3.0

Chez Myoken, comme à l'agence nantaise SN-3D, les objets connectés sont perçus comme l'avenir des outils de communication innovants. Ce n'est pas Stéphane Blocquaux qui les contredira. « Pour moi, le Web 3.0 sera avant tout celui des objets communicants ou connectés, permettant à l'internaute de se plonger dans des univers multi-dimensionnels (casques 3D immersifs interconnectés, simulation du toucher, etc.). » C'est précisément sur ce créneau que se situe Myoken. De son côté, SN-3D travaille sur les objets connectés et l'impression 3D. La toute jeune agence de sept salariés, fondée en 2013, se spécialise dans la création d'objets uniques interactifs pour la communication et l'événementiel. « Monel et Raphaëlle Mancel, les deux fondateurs, ont eu l'idée de concevoir des objets de communication qui ne relèvent pas simplement du Web, souligne Laura Deleuze, chef de projet à l'agence. Nos clients peuvent par exemple offrir à leurs propres clients des bracelets personnalisables imprimés grâce à la technologie 3D. À l'intérieur, nous insérons une puce que nous avons développée et qui renvoie vers une application qui peut aussi bien proposer des informations sur le produit ou des offres promotionnelles, compter les pas parcourus pendant un événement ou renvoyer vers un Web album de la soirée... » Même si bien sûr les supports classiques vont perdurer encore bien des années, selon Stéphane Blocquaux, « les agences devront, à terme, se transformer pour évoluer et satisfaire les attentes des nouvelles générations, nourries au numérique et moins réceptives au papier. »

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