Pas un flic ni un conseil, le commissaire aux comptes, ou auditeur légal, a une mission: certifier les comptes des entreprises et témoigner de leur «sincérité» avant qu'ils ne soient déposés. Un rôle confié par la Cour d'appel de Colmar, auprès de laquelle chacun des 435 commissaires aux comptes alsaciens a prêté serment. «Nous enregistrons environ une vingtaine de nouveaux inscrits tous les ans, qui nous permettent de nous maintenir autour de 430 auditeurs légaux», explique Carole Meschberger-Cherrier, présidente de la Compagnie régionale des commissaires aux comptes (CRCC). Soit un maillage qui, selon elle, permet de «répondre aux besoins de la région». En tout, 6.910 entreprises et associations alsaciennes doivent, tous les ans, faire certifier leurs comptes. Des SA, des SAS et SARL principalement. Auxquelles se sont ajoutées notamment les associations à partir d'un certain seuil de subventions. L'intervention du commissaire aux comptes, après le bilan de l'expert-comptable, est censée «créer de la confiance et de la crédibilité, notamment lorsque le chef d'entreprise est en quête de financements», explique la présidente. «Au-delà des chiffres bruts, nous apportons une analyse des divers risques qui entourent l'entreprise ou la filière dans laquelle elle évolue, pour donner une image aussi complète et fidèle que possible de la situation globale de l'entreprise aux tiers, qu'ils soient associés minoritaires, banquiers ou fournisseurs», relève Carole Meschberger-Cherrier. Mais c'est parfois aussi l'occasion d'adresser un «message» au dirigeant, de l'alerter sur des faiblesses potentielles ou avérées de son modèle.
«Les entreprises alsaciennes vont plutôt bien»
«La crise nous a rapprochés des chefs d'entreprises qui ont davantage eu besoin de nous. Nous avons été amenés à les rencontrer plus souvent encore, ne serait-ce que pour certifier des bilans intermédiaires qui se faisaient moins avant», témoigne-t-elle. Avec, à la clé pour elle et la CRCC, une vision assez unique de la situation des entreprises alsaciennes: «elles ont en général plutôt bien résisté, présenté des bilans solides même si certaines filières ont souffert». À contre-courant du discours usuel, elle estime même que «l'appui des banques est là». «Notre métier est souvent perçu, à l'extérieur, comme austère, prenant», conclut-elle. Une image qu'elle cherche à changer au même rythme que le métier d'auditeur légal évolue lui-même. Pour continuer à attirer de jeunes auditeurs stagiaires et pour féminiser une profession qui ne compte que 15% de femmes dans ses rangs.
Syndicat La Compagnie régionale des commissaires aux comptes, basée à Colmar, veut susciter des vocations et féminiser une profession relativement méconnue.