Le jour d'arrivée de l'intérimaire et les heures qui suivent sont une période particulièrement sensible, qui décide souvent du bon déroulement et de l'efficacité de la mission. Dans les entreprises industrielles, c'est aussi la période la plus dangereuse, car la manipulation de nouvelles machines nécessite souvent une période d'apprentissage, qui se solde parfois par des incidents. L'intérimaire ne doit donc surtout pas être laissé à lui-même lors de son arrivée, et ce même s'il dispose déjà - si le dialogue entre agence et entreprise a bien fonctionné - d'éléments d'informations. Ces derniers ne se suffisent pas à eux-mêmes. Le travailleur doit au contraire être accueilli par un responsable qui va se charger de lui faire une présentation complète de son cadre de travail: visite du site et des espaces collectifs (salle de repos, cafétéria,etc.), rencontre des équipes, mais également présentation du poste de travail et rappel de toutes les consignes de sécurité, générale et spécifique, qui y sont relatives. L'intérimaire doit également se voir communiquer l'identité de la personne à contacter en cas de problème technique. «Toute cette procédure doit être faite systématiquement, même si l'intérimaire est habitué de l'entreprise et du poste de travail. Comme en voiture, la routine débouche sur de l'inattention et sur un risque plus fort d'accident. Et l'expérience peut être trompeuse. Un intérimaire peut avoir vu dix entreprises du même secteur dans son parcours professionnel, les procédés varient grandement de l'une à l'autre», insiste Claire Gerson, responsable marketing du pôle candidats intérimaires et membre du comité de prévention du groupe d'intérim Randstad.
Recours au tutorat
Afin de faciliter l'intégration, les entreprises qui ont recours régulièrement et de façon importante à l'intérim pourront trouver intérêt à rédiger un livret d'accueil, qui sera remis aux nouveaux arrivants et qui contiendra les informations clés en termes d'intégration et de sécurité. Enfin, dans certains cas, notamment si l'entreprise développe des activités à risque ou particulièrement pointues en termes techniques, elle peut choisir de mettre en place un système de tutorat. Un salarié permanent sera alors l'interlocuteur de l'intérimaire, et pourra l'éclairer sur toutes les questions techniques et de sécurité. On le voit, l'accueil et l'accompagnement d'un intérimaire peuvent donc nécessiter un gros investissement, contrairement à l'image que peut laisser parfois ce genre de prestation, dont on retient plus la souplesse et l'immédiateté. Et cela peut parfois rebuter les entreprises. «Cela peut être assoupli. Si la mission ne dure que deux jours pour assurer un déménagement ou terminer un chantier, le curseur n'est pas si haut en terme d'exigence. Tout cela se calcule souvent au prorata de la durée de la mission», estime Florence Le Cloerec, du groupe de services RH Inter Pôle.
L'accueil d'un intérimaire dans l'entreprise nécessite un investissement de la part du personnel permanent. C'est à la fois une question de sécurité et d'efficacité.