Comment les parcs de loisirs font-ils pour être rentables ?
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Comment les parcs de loisirs font-ils pour être rentables ?

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Le soleil joue sur le moral des vacanciers comme sur les affaires des dirigeants de parcs de loisirs. Quelles sont les clefs pour réussir dans ce domaine ? Les difficultés ?

— Photo : Le Journal des Entreprises

Parcs animaliers, parcs à thèmes, parcs d'attraction, etc., le marché des parcs de loisirs a le vent en poupe. En dépit des risques d'attentats et d'un contexte économique morose, leur fréquentation reste orientée à la hausse. En 2016, les parcs de loisirs ont attiré 52 millions de visiteurs et généré 2,2 milliards d'euros de chiffres d'affaires.

La France se classe d'ailleurs comme première destination en Europe pour les parcs d'attraction. Derrière les locomotives que sont Disneyland Paris, le Puy du Fou ou encore le Futuroscope gravitent des petites et moyennes entreprises qui tirent leur épingle du jeu en proposant des activités des plus simples aux plus techniques.

Dans ce paysage, les Pays de la Loire font bonne figure. Ils sont la troisième région la plus représentée au Syndicat national des espaces de loisirs, d'attractions et culturels (Snelac) par le nombre d'adhérents. Derrière l'indétrônable leader Puy du Fou, des entreprises ont investi ce créneau, créateur d'emplois non délocalisables.

Forte saisonnalité et aléas climatiques

Pas facile pour autant d'équilibrer son business model dans un secteur d'activité marqué par une forte saisonnalité et une exposition importante aux aléas climatiques. « Je réalise 50 % de mon chiffre d'affaires sur le mois d'août où je suis complet quasiment tous les jours. Mais quelques jours de pluie peuvent perturber tout l'exercice », témoigne ainsi Gwenael Thudot, gérant du parc d'accrobranches Piriac Aventure. Rentable, celui-ci emploie sept saisonniers pour un chiffre d'affaires de 200.000 euros.

Même son de cloche de la part de Bertrand Vidot, dirigeant du parc de jeux des Naudières (25 salariés, environ 1,5 M€ de CA) près de Nantes : « Le parc est ouvert de mars à septembre. Il faut vivre tout l'hiver sur la trésorerie qu'on a engrangée durant la saison. Si elle n'est pas bonne, on essaie de décaler une partie des investissements. Mais le public exige du nouveau. »

Michaël Thibaud, patron des parcs vendéens Indian Forest et O'Gliss park (Moutiers-les-Mauxfaits, 15 permanents, 7,7 M€ de CA) a son astuce : « Le risque existe dans tous les domaines. Je me base sur mon expérience et les études de marché pour construire mon budget. La prudence doit être la règle. Il vaut mieux des objectifs raisonnables et les dépasser. Jusqu'ici j'ai eu de la chance et j'ai toujours dépassé mes prévisions. »

Investir pour maintenir la fréquentation

Les investissements dans les nouveautés sont le nerf de la guerre. Ce sont eux qui contribuent à maintenir la fréquentation des parcs de loisirs. « Nous nous sommes très rapidement aperçus qu'il fallait sans arrêt évoluer, investir régulièrement dans de nouvelles attractions, des extensions... », rapporte Nadine Auffret, qui dirige depuis 1992 l'Océarium du Croisic avec son mari (17 salariés permanents pour 3 millions d'euros de CA). L'Océarium a ainsi investi 2,5 millions d'euros en 2003 dans le bassin des requins d'Australie, puis à nouveau la même somme en 2016 dans le Pavillon des raies du Pacifique. « Ces investissements nous ont clairement donné un nouveau souffle », indique la dirigeante.

Un hiver consacré aux travaux

En Vendée, Michaël Thibaud est sur la même ligne : « Il faut sans cesse innover pour attirer de nouveaux clients et faire revenir ceux qui sont déjà venus. La réflexion démarre très en amont de la réalisation. Et sitôt la saison terminée, on repart sur un nouveau cycle de travaux, généralement entre décembre et avril. Le défi c'est de réaliser en peu de temps des installations nouvelles dans une période hivernale peu propice aux travaux. » Entre les saisons 2016 et 2017, il aura investi 4 M€ dans ses deux parcs.

Diversifier les activités

Autre stratégie pour rentabiliser des équipements qui ne fonctionnent souvent qu'une partie de l'année, diversifier les sources de revenus. Le zoo de La Flèche (100 salariés, 12,2 M€ de CA) a ainsi fortement investi dans le développement de son offre d'hébergement en construisant des lodges haut de gamme. « L'objectif est d'atteindre 50 % d'activité extra-billetterie et de passer d'un lieu de visite à un lieu de destination avec un public restant deux jours sur le parc », explique Stéphane Da Cunha, directeur du zoo sarthois.

Dans le même esprit, l'Océarium du Croisic s'apprête à investir dans l'agrandissement et le relooking de sa boutique qui contribue actuellement pour 20 % au chiffre d'affaires, avec la volonté d'accroître cette part. « Nous souhaitons également développer l'événementiel en privatisant nos espaces pour les entreprises », ajoute Nadine Auffret. Se donner de la visibilité sur Internet et sur les réseaux sociaux est également très important, notamment pour les petits parcs. « La visibilité et la bonne réputation sont très importantes dans notre business, notamment pour attirer des visiteurs qui ne sont pas du coin », rapporte le gérant de Piriac Aventure.

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