Le comité Grand Lille a emmené cet automne 100dirigeants et élus dans la Ruhr. La destination du voyage du comité Grand Lille, fin octobre, a cette année une résonance particulière: «La Ruhr, explique son président, Philippe Vasseur, est une région comparable à la nôtre par son passé industriel. Nous sommes allés regarder comment ils ont réhabilité les paysages, mené des politiques environnementales, concilié cela avec le développement économique.» Emmener une centaine d'élus et de chefs d'entreprises dans des régions «où il y a des idées à prendre et des expériences à confronter» est aussi, pour l'architecte Pierre-Louis Carlier, «un moyen de faciliter les échanges et de faire sauter les blocages». Comme lui, Antoine Tostain (Tostain-Laffineur) a été frappé par la réhabilitation du site de Zollverein, distingué par l'Unesco, vaste complexe à dominante culturelle qui accueille, entre autres, un concours annuel de design auxquelles participent 4.000entreprises. On pense aussitôt à des sites comme les Moulins de Marquette ou la fosse 9 de Oignies.
Réciprocité Impressionné par la politique environnementale, Alain Flipo (CCI) a aussi noté la force du commerce indépendant et repéré «des places à prendre pour les marques françaises». Voyant dans cette forme de voyage «un accélérateur de solutions», il souligne la «réactivité» liée à l'organisation politique allemande. Constat partagé par Jean-François Dutilleul (Rabot-Dutilleul), qui estime «fondamental» de faire évoluer d'abord nos institutions. Pour autant, le voyage n'était pas à sens unique: «La Ruhr va par exemple, comme Marseille, s'inspirer de nos pratiques autour de Lille 2004. Le témoignage de notre région est un élément important d'attractivité pour les entreprises, qui peuvent ainsi la reconnaître comme partenaire», selon Jean-François Dutilleul.
J-M.C.