Yves Delafon, du cabinet DFA Conseil, a débuté son intervention en se voulant rassurant. «La crise est un phénomène ponctuel et récurrent. Il y en a eu d'autres et l'on va forcément en sortir. Toutefois, si une crise a une entrée et une sortie, elle marque aussi une rupture. Nos repères sont aujourd'hui remis en cause», explique-t-il, en soulignant qu'en Chinois, "crise" s'écrit en associant les idéogrammes de danger et d'opportunités. Selon lui, le vrai danger est social. «Le cadre de l'autorité est de plus en plus remis en cause, à différents niveaux. Cette crise marque la fin d'un modèle de comportement et de consommation. Les individus cherchent maintenant du sens, de nouvelles formes de croissance, de nouveaux modes de vie, de la solidarité et une consommation plus sélective. La fin du mythe de la réussite, les nouvelles technologies peuvent notamment entraîner la fin de la société urbaine que nous connaissons. Les gens vont acheter moins et pour plus longtemps. Il faut analyser les achats...»
Pratiquer l'e-veille
Dans ce cadre-là, la collectivité et le réseau deviennent des outils essentiels, tout comme l'intelligence économique. «Nous faisons tous de la veille, mais nous ne le faisons pas assez méthodiquement. Mettre quelqu'un à surfer sur le net pendant dix jours pour voir ce que fait la concurrence, ce que l'on dit de l'entreprise, quelles sont les tendances, peut s'avérer primordial», conclut-il. «Un business model qui ne marche pas en France ne fonctionnera pas à l'étranger. Il faut partir d'une base solide pour exporter», commente de son côté Philippe Meda qui dirige la société Merkapt. «En revanche, nous sommes dans une période d'opportunités. La seule zone euro est une chance colossale, protégée des remous. Il faut analyser la maturité des marchés et de ses produits pour trouver les zones géographiques idéales. Une entreprise n'a réellement réussi à l'international que lorsqu'elle a remporté son premier appel d'offres...», ajoute-t-il.
L'une des conférences organisées durant le Forum international Classe Export, qui se tenait à Marseille début avril, s'interrogeait: comment l'international peut-il être un vecteur de croissance?