« Champions du monde de l'impôt sur les sociétés »
# Conjoncture

« Champions du monde de l'impôt sur les sociétés »

Jean Dumoulin, présidentdu Medef 56 « Avant l'été, notre président de la République nous avait promis une pause fiscale attestant qu'il avait entendu et compris ce ras-le-bol. Au moment de l'université d'été du Medef où nous avons reçu Pierre Moscovici, ce dernier nous a fait deux promesses. La première était qu'il n'y aurait pas de hausse des cotisations retraites. La seconde concernait la mise en place d'un plan de finance pour aider les entreprises et améliorer leurs compétitivités. Voilà pour le discours. Dans les actes, il en est tout autrement. Les cotisations salariales et patronales augmentent dans le cadre de la réforme des retraites. Le tout sans compensation. Pierre Moscovici nous a offert un roman-photo sur l'EBE en envisageant de la taxer. Cela nous a fait hurler : l'EBE c'est la réserve des entreprises qui ne vont pas trop mal. Le projet de taxation de l'ENE a été abandonné. Forcément, c'est une donnée inconnue. Finalement, le ministre de l'Économie et des Finances trouvera 2,5 Md€ en augmentant l'impôt sur les sociétés. Nous sommes devenus les champions du monde de l'impôt sur les sociétés avec un taux qui devrait passer de 33 à 38 %. J'observe un autre décalage entre la vision du gouvernement et celle des entrepreneurs. Benoît Hamon dans le cadre de la loi sur l'ESS, porte un projet visant à obliger les entreprises de moins de 50 salariés à informer le personnel en cas de cession. L'idée est louable dans le sens où certaines entreprises ne trouvent pas de repreneur mais concrètement, au sein des sociétés, c'est bien différent. Informer les salariés deux mois avant la cession est une hérésie. La réussite d'une transmission d'entreprise repose sur la confidentialité. Avec ce projet de loi, nous allons vers une paralysie de la procédure. On va inquiéter les salariés, les clients qui considéreront alors que l'on entre dans une phase de fragilité, les concurrents qui se régaleront et les fournisseurs qui seront dans une posture de prudence. »

  • LE COUP DE GUEULE
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