Les cinq premiers chercheurs du CEA Tech se sont implantés dans la région nantaise. Dans les prochaines années, au moins deux cents autres personnels de ce centre de recherche pourraient les rejoindre. C'est du moins ce qu'espère Jean Therme, directeur du CEA Tech.Tout dépendra en fait des industriels des Pays de la Loire. Car si c'est Jean-Marc Ayrault, en tant que Premier ministre, qui a annoncé l'an passé la création d'une antenne du CEA à Nantes, une chose est sûre : l'État ne mettra pas un centime dans cette expérimentation prévue pour trois ans. « On espère s'installer ici sur le long terme », appuie Jean Therme. Pour cela, le CEA devra aller chercher du chiffre d'affaires auprès des entreprises régionales. Jean Therme table sur quatre millions d'euros, cette année, six millions en 2014 et dix millions en 2015.
Contacts avec 120 entreprises
Dans les Pays de la Loire, les débuts sont encourageants, assure le directeur général du CEA Tech. Cent vingt entreprises ont pour l'instant été contactées et douze contrats ont déjà été signés entre les entreprises et l'établissement public à caractère industriel et commercial. Ils concernent des projets dans la robotique, dans l'énergie, l'électronique ou l'agroalimentaire. Car malgré ce que laisse présager son nom, le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) n'est pas uniquement positionné dans le nucléaire. Les 4.500 chercheurs oeuvrent également dans de multiples domaines, de la santé à l'énergie en passant par les technologies de l'information. « Nous ne sommes pas des purs chercheurs. On a des gens qui ont les pieds dans la "graisse" », précise Jean Therme. Une façon de rappeler que la spécialité du CEA Tech, c'est le transfert technologique. « On prend une idée et on fait en sorte que l'industriel puisse en faire quelque chose », résume le directeur général du CEA Tech.À la tête de Lemer Pax (65 salariés), une PME nantaise spécialisée dans les équipements de radioprotection, Pierre-Marie Lemer a été l'un des premiers à appeler le CEA. « On nous a présenté un catalogue de technologies. On est actuellement en pourparlers pour voir s'il est possible de travailler ensemble sur un produit pour les épileptiques », explique le dirigeant. À Laval, All4Tec (50 salariés) a mis en place un laboratoire informatique commun avec le CEA, dispositif qui intéresse également Paul Raguin, P-dg d'Eolane, qui travaille sur deux innovations dans le photovoltaïque et les vêtements intelligents.Si l'État n'apporte pas un sou à l'antenne ligérienne du CEA, le conseil régional des Pays de la Loire lui verse une subvention de 650.000 €. En plus de cela, la collectivité prévoit d'injecter 3,7 millions d'euros pour des plates-formes, comprenant des démonstrateurs, autour de la robotique, des nanomatériaux et du stockage de l'énergie en milieu marin.
Transfert technologique Les premiers chercheurs du CEA Tech se sont installés à Nantes. Demain, ils pourraient être 200. Tout dépendra des liens avec les industriels.