À Cambrai, le façonnier Cardon Tradilinge vient de décrocher le label d'entreprise du patrimoine vivant. Belle reconnaissance pour un savoir-faire textile d'un demi-siècle. «Dans le textile, tout le monde n'est pas mort!» Gilbert Clochette, 67ans, revendique fièrement son excellence industrielle. Sa société vient de décrocher un précieux label du ministère de l'Économie, après trois audits et plus d'un an de paperasserie. Entouré de ses deux fils, il compte bien profiter des avantages fiscaux du label dont 5% supplémentaires en crédit d'impôt recherche. «Ce label nous permet aussi d'être connus sans trop dépenser. Ce ne peut être qu'un plus, notamment à l'export», souligne le président.
Reconnaissance mondiale Au poste de directeur commercial, le fils cadet de 39ans, Raphaël Clochette, confirme: «Nous exportons dans des pays demandeurs du ?made in France? qui reprend un peu de valeur. Nous nous battons avec nos clients pour ce retour au savoir-faire français. C'est un argument commercial.» Cardon réalise 10% de son CA à l'export, grâce notamment au linge de maison et d'ameublement réalisé pour des enseignes de prestige et pour sa propre marque Tradilinge. «Nous avons ouvert des showrooms à Moscou, à Dubaï, au Canada...», détaille Raphaël Clochette également présent en Asie et en particulier au Japon. Aujourd'hui, il s'intéresse de près à des pays comme la Bulgarie et la Hongrie ou à des marchés de niche comme la décoration de bateaux. Hormis l'export, le reste du CA est assuré à 50% via la grande distribution et la VPC, et à 40% par les détaillants et grands magasins. «Ce qui nous sauve, c'est la diversité de nos produits», confie Raphaël Clochette qui se bat pour maintenir CA et effectif quand d'autres licencient. Jamais à court d'innovations, il a créé il y a 2ans sa marque Demi de Mêlée et développe des produits sous licence pour les clubs de foot (Losc, VAFC, OL...). Il vient de signer pour 3ans avec Anelka et sa marque 39pro.
Investissement informatique À Cambrai, la production varie sans cesse de l'usine industrielle à l'atelier artisanal. Pour gérer cette flexibilité, le système informatique vient d'être entièrement refait avec Cegid: 50K€ rien que pour le logiciel. Ici, l'investissement est récurrent. Pour le frère aîné Philippe, 45ans, «rien n'est acquis et définitif», comme ce label détenu pour 5ans renouvelables.
Géry Bertrande