En période de crise, les entrepreneurs du bâtiment surveillent chaque foyer de dépense. Une convention visant à lutter contre les vols et autres actes délictueux dans le BTP a d'ailleurs été signée le mois dernier sur le chantier Victoria d'Immogolfe à Auray. Côté forces de l'ordre, des référents sûreté travailleront en liaison avec le correspondant sûreté de la FFB, le secrétaire général Pierre Moins. La signature rassemblait notamment Martin Genet, substitut de la République auprès du tribunal de grande instance de Lorient, Michel Coat, commandant du groupement de gendarmerie du Morbihan, Hervé Le Gall, directeur départemental de la sécurité publique du Morbihan.
268 plaintes en 2008
«Nos entreprises étaient jusqu'ici en surcharge donc elles ne signalaient même plus les vols», constate Thierry Maho, président de la Fédération française du bâtiment 56. Pour les vols d'un montant inférieur à 1.200 €, une procédure de dépôt de plainte simplifiée a donc été mise en place. L'idée est que le vol ne soit plus banalisé. «Le moment est crucial pour nos entreprises car elles sont déjà fragilisées», poursuit Thierry Maho. «Nous avons constaté une augmentation des vols de 50% en 2007, avec de graves effets qui vont de l'arrêt du chantier à la remise en état après dégradation, sans parler du coût de la location de matériel de remplacement.» Gardiennage, vidéosurveillance voire géolocalisation des engins de chantiers peuvent constituer des ripostes.
1 Md€ de manque à gagner
De son côté, le préfet Laurent Cayrel a rappelé que «les vols favorisent l'émergence de chantiers illégaux. Nous ferons un point à la date anniversaire de la signature de cette charte. Il s'agit de lutter contre une forme de délinquance mais aussi d'une démarche économique.» Dans le Morbihan, 264 plaintes ont été enregistrées en 2008, soit une augmentation de 4%. Un tiers pour le vol de câbles et tuyaux de cuivres, deux tiers pour les outils et matériaux. Tous les vols ne sont pas signalés. Selon la FFB, le manque à gagner dépasserait les 1 Md€ au niveau national. Lors d'un colloque sur ce thème, la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, déclarait l'an dernier que «les chantiers d'ouvrage d'art, d'infrastructures routières ou ferroviaires détiennent des matières explosives que des groupes terroristes cherchent à se procurer. C'est une véritable préoccupation de savoir que l'ETA et certains mouvements nationalistes corses peuvent ainsi se procurer des explosifs.» Une raison supplémentaire pour les autorités de garder un oeil sur les chantiers, notamment celui du TGV qui se profile.
Correspondant sûreté: Pierre Moins à la FFB au 02.97.89.02
.20/06.72.80.46.36.
Une convention entre la préfecture et la FFB renforce la lutte contre les vols sur les chantiers.